J-7 : quand le risque de pandémie recycle et bouscule les frontières en politique. J+7 : Ségolène Royal, plus que jamais "résiliente" pour 2022.

Quand le sujet des frontières revient sur le devant de la scène avec le coronavirus
Quand le sujet des frontières revient sur le devant de la scène avec le coronavirus © AFP / Nicolas Liponne / Hans Lucas

La semaine politique ! Avec vous, Yael Goosz, chef du service politique. On regarde dans le rétro et on se projette... Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est le retour des frontières.

Face à un coronavirus qui n’en a pas…

Les virus ne s'arrêtent pas à la frontière, mais les gens qui ont le virus, on peut les arrête à la frontière" (Marine Le Pen, sur France Inter, le 26 février 2020)

L'épidémie du coronovirus est un game-changer dans la mondialisation" (Bruno Le Maire, le 25 février 2020, en conférence de presse à Athènes)

Deux réactions, dans deux registres très différents, de deux professionnels de la politique confronté à l'inconnu d'une épidémie. Le réflexe frontière, d’abord… Sans surprise chez Marine Le Pen. L’Europe passoire et désorganisée. Ou comment exploiter un stress sanitaire dans la perspective de 2022, contre un pouvoir qui ne serait pas assez protecteur. 

Bruno Le Maire, ensuite, qu’on ne peut évidemment pas soupçonner d’épouser les thèses du RN. Que dit-il, dans la novlange du « game changing » ? Que le monde est trop dépendant des usines chinoises. Si Pékin tousse, la croissance mondiale se grippe… Et si nous relocalisions certaines chaînes de production ? Ou comment le Covid-19 bouscule les paradigmes ! 

Mais le plus urgent, pour ceux qui gouvernent, c’est de contrôler une autre frontière. Celle de l’intox. Gérer le risque épidémique de fake news dans une société inquiète. Lubrizol, c’était il y a 6 mois, et la classe politique a déjà humé l’air toxique du soupçon… Nouveau test immunitaire pour la République : sang-froid, sérieux, transparence, est-on encore capable de se faire confiance. Car en temps de crise, il n’existe aucun vaccin contre la désunion nationale, on l’a déjà constaté après les attentats en 2015. 

Allez Yael, on se projette sur les jours qui viennent…

Ségolène Royal ou le retour permanent : 8ème livre, en librairie, la semaine prochaine.

Cela fait plusieurs fois qu'on m'enterre ! (rires) Je suis bien vivante, j'avance, je travaille (...). Il n'y a aucune raison que les jeux soient faits d'avance" (Ségolène Royal, le 20 avril 2011)

Déjà, à l’époque, c'était un retour ! Via la primaire socialiste, perdue. Royal ou l’art de la résilience, terme qu’elle emprunte au neuropsychiatre Boris Cyrulnik, et titre de son nouveau livre, « Résilience française », aux éditions de L’Observatoire. Résilience, cette "farouche volonté de reprendre son destin en main, de retrouver", écrit-elle, "notre pouvoir de nous gouverner nous-mêmes." 

Un livre diagnostic, beaucoup plus qu’un livre de propositions. Son anti-macronnisme y est théorisé, mais l’alternative concrète reste à écrire. Sa thèse tient dans cette analogie, répétée au fil des pages : la destruction du climat et celle du corps social sont les deux faces du même syndrome à combattre. 

Page 184 : "Dans notre République, ces forêts qui absorbent la souffrance, ce sont les hôpitaux, les écoles, les maternités, les postes de police et le tribunaux, sans qui l’air d’une nation devient irrespirable. On n’a que trop dévasté", écrit l’ancienne ministre ! "Il faut un moratoire sur les forces de marché, qui demain, déboiseront notre système de retraite, nos assurances de santé, nos aéroports." Son « ordre juste » de 2007, devient en 2020 « l’ordre social juste ». 

Ségolène Royal repart pour un tour… Puisque personne ne veut du duel Le Pen / Macron, alors pourquoi pas elle ?, disent ses proches. 

Au darwinisme et à la compétition, Ségolène Royal dit dans son livre qu’elle préfère les solidarités, les réseaux, les rhizomes, ces racines qui poussent à l’horizontale. La non-violence et le yoga, aussi, dont elle fait l’éloge. 

Mais comment éviter Darwin et la sélection, tant que la gauche n’aura pas de mode d’emploi pour trouver son ou sa future championne. Dans ce paysage de 2022 encore en friche, elle tente sa chance, prend de l’avance. Mais au lendemain des municipales, la concurrence sera rude sur ce créneau de la social-écologie. 

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