J-7 : conversion ou caméléon ? J+7 : les longues vacances de la première opposante

Emmanuel Macron, président de la République
Emmanuel Macron, président de la République © Getty / Sean Gallup

La semaine politique ! Avec vous, Yael Goosz, chef du service politique. On regarde dans le rétro et on se projette... Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est un Président en pleine réforme...

Oui, de lui-même ! Plasticité, élasticité, à mi-mandat.

J'ai changé, très profondément (...). Le mouvement de la jeunesse, moi, m'a fait réfléchir." (Emmanuel Macron, interview à Konbini, le 23 août 2019)

Je veux qu'on incarne le changement de méthode que j'ai souhaité (...). On va la faire tous ensemble, cette réforme [des retraites]." (Emmanuel Macron, sur France 2, le 26 août 2019)

Deux prises de paroles. Pour donner corps à ce teasing de « l’acte 2 », annoncé avant l’été. Exercice de sincérité, nous dit-on, continuité du mea culpa post-gilets jaunes… La réforme, oui, mais avec les Français. Les associer, en cuisine, et ne plus leur imposer le menu. 

Car l’obsession de cette rentrée, c’est de ne plus apparaître, lui et sa formation politique, comme les porte-paroles de la France qui va bien. Mais combien de temps faudra-t-il pour que ce changement d’image infuse dans l’opinion ? 

Car Emmanuel Macron a joué un autre personnage depuis deux ans... Celui du réformateur pressé, adepte du parler cash. Le contraire du Macron d’aujourd’hui, tout miel avec les syndicats et les élus locaux devenus ses « héros du quotidien ». Alors, sincérité ou habileté ? Conversion ou caméléon ? En tout cas, interrogation : qui se cache vraiment derrière l’avocat d’affaires passé par les planches du lycée La Providence ?

Emmanuel Macron veut durer, et pour cela, il doit s’implanter : l’arbre a poussé haut, jusqu’à l’Elysée, mais les racines sont fragiles. Il est donc impératif pour lui de ne pas rater les municipales. D’où cette rentrée, apaisée, ou plutôt déminée… Pas la peine de trop charger la barque, réformer moins vite et mieux, car la vigilance est toujours en jaune sur la carte de la météo sociale.

Allez, Yaël, on se projette sur les jours qui viennent...

Pas pressée de rentrer, Marine Le Pen.

Comme je le crois l'immense majorité des Français, nous ne voulons pas du CETA, et c'est donc avec conviction que nous voterons contre." (Marine Le Pen, à l'Assemblée nationale, le 17 juillet 2019)

Et ça c’est un son qui date, Nicolas… J’aurais bien aimé rafraîchir notre base de données. Problème, la dernière fois qu’on a entendu la voix de Marine Le Pen, c’était ce… 17 juillet à la tribune de l’Assemblée. 

Sauf que le monde entier était à Biarritz le week-end dernier. Sauf que les gauches ont déjà bouclé leurs universités d’été, que les droites enchaînent ce week-end. Sauf que le débat sur les retraites est complètement relancé… Et que Salvini, son frère jumeau italien, galère en Italie… Mais Marine Le Pen brille par son silence !

Ah si, quand même, un petit tweet sur la crise migratoire à Mayotte, mardi. Et un coup de gueule, le 3 août, contre Air France, qui l’a forcée à acheter pour 35 euros une boîte pour transporter son chat. Les longues vacances de Marine Le Pen… Allergique à la pression, c’est souvent comme ça qu’elle aborde ses rentrées. Mais attendre le 15 septembre, les journées parlementaires RN à Fréjus, pour réapparaître, « c’est quand même bien loin », rouspète son entourage. 

Elle sera de retour lundi, à son bureau, à Nanterre. Et son cabinet réfléchit à une première sortie, pourquoi pas la foire agricole de Châlons. 

Un RN fantôme, ses porte-paroles à peine joignables depuis trois semaines, un bras droit Jordan Bardella au vert lui aussi. 

Le RN absent de France, mais ultra présent en... Syrie ! Dans l’antichambre de Bachar El Assad. Marine Le Pen n’y est pas. Mais elle approuve ces contacts entre le dictateur syrien et la délégation emmenée par Thierry Mariani. Pour l’instant, c’est ça, la seule et étrange rentrée du premier parti d’opposition en France.

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