J-7 : le mandat représentatif, indispensable mais boudé. J+7 : La REM et son nouveau chef, énième tentative de relance

La semaine politique ! Avec vous, Yael Goosz, chef du service politique. On regarde dans le rétro et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est d’abord une crise de la démocratie…

A tous les étages !

Moi qui ai tenu un bureau de vote aujourd'hui, je n'ai vu personne : 162 votants sur 836 !" (Anaïs, assesseur dans un bureau de vote à Evry, dimanche dernier, lors de la législative partielle, au micro France Bleu de Valentin Dunate) 

Les journaux ont titré sur la revanche de Valls, la victoire de son héritier Francis Chouat… Mais cette élection n’a attiré que 17% d’électeurs : 1 sur 6 ! Quel est le sens de votre mandat quand autant de gens se contrefichent que vous soyez leur représentant ! Cette remarque, elle vaut aussi pour les gilets jaunes, souvent hostiles à la classe politique, abstentionnistes. Mais les voilà à leur tour confrontés aux règles de la démocratie, aux joies du mandat représentatif : qui est légitime pour aller à Matignon ? Les 5.000 qui bloquaient encore des ronds-points hier, les 250.000 du premier jour ou les 84% de Français sondés qui les soutiennent ? Sur quelles revendications ? Et qui les hiérarchise ? Est-ce que Facebook est une urne valable ? 

A ce tâtonnement répond l’improvisation de l’exécutif : trois mois de concertation locale… D'accord, mais à quel échelon ? Qui a la consistance d’un corps intermédiaire ? Tout le monde se fait des nœuds au cerveau… Il reste le référendum, c’est la proposition, cette semaine, de Laurent Wauquiez. Sauf qu’on devine l’arrière-pensée : sanction de Macron et dissolution. 

L'autre possibilité, c'est l'école de la patience. Attendre 6 mois… Attendre les élections européennes, qui, dans le contexte, seront regardées comme des mid-terms, un test de mi-mandat pour le Président. La clarification par les urnes, sous réserve d'une forte participation : ça tombe bien, et c’est nouveau, vous avez jusqu’au 31 mars, et non le 31 décembre, pour vous inscrire sur les listes.

Allez, Yael, on se projette sur la suite, météo politique à 7 jours...

Le maillon faible qui espère devenir fort : La République En Marche élit son chef demain midi.

La question de savoir si je rêvais de devenir le chef de notre mouvement revient souvent :  non, ce n'est pas un rêve, c'est un devoir." (Christophe Castaner, ex délégué général de La REM, le 18 novembre 2017, à Lyon)

Un chef de parti éphémère, qui succédait à une direction provisoire, avant de céder la place à un intérimaire... Dure mission, décidément, que de diriger ce parti majoritaire. Mission qui sera bientôt dévolue au député de Paris Stanislas Guerini, avec obligation de réussir là où les autres ont échoué : réveiller la belle endormie, ce parti qui somnole depuis la campagne.

Jean-Pierre Raffarin, dont le premier métier était communicant dans la pub, parle souvent du « carré magique ». L’idée selon laquelle, il faut, pour qu’un pouvoir fonctionne, 4 pôles imbriqués et à égalité : l'Elysée, Matignon, le groupe majoritaire au Parlement et le parti… 

Depuis 18 mois, c’est un triangle ! Il est où le parti ? Il n'a pas fait son boulot, il n'a pas fait remonter les signaux faibles, ceux qui ont débouché sur la crise des gilets jaunes. Or, être un capteur, c'est sa raison d’être, à quoi ça sert, sinon, de faire des grandes marches ! Surtout quand on dispose d’un vivier de 400.000 adhérents. 50.000 réellement actifs aujourd'hui. 

La chance de Stanislas Guerini, c'est qu'avec la concertation pour répondre aux gilets jaunes, il a du grain à moudre pour relancer la machine, mailler le territoire. La REM a trois mois pour se surpasser. Car si Emmanuel Macron cherche la compagnie des routards de la politique comme Juppé, Bayrou, ou Moscovici, avec qui il organise des dîners à l'Elysée, c’est bien que La REM ne lui suffit plus, que son propre parti n'est plus un point d'appui suffisant. 

Pour Stanislas Guerini, quasiment inconnu du grand public, la marche est haute : remettre le parti d’équerre pour passer du triangle des Bermudes au carré magique…

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