J-7 : Macron seul au front. J+7 : comment les élections américaines pourraient inspirer la France.

La semaine politique avec Simon Le Baron, du service politique d'Inter. On regarde dans le rétro, on se projette dans les jours qui viennent. Ce que vous retenez de la semaine, Simon, c'est un président encore et toujours seul...Seul responsable du contexte sécuritaire, pour la droite, alors que le terrorisme a encore frappé deux fois en deux semaines. Seul responsable de la situation sanitaire, aussi, alors que la stratégie de déconfinement n'a manifestement pas fonctionné. Emmanuel Macron l'a d'ailleurs dit mercredi soir... 

J'ai décidé qu'il fallait retrouver à partir de vendredi le confinement qui a stoppé le virus

"J'ai décidé"... Pas "le conseil de défense a décidé", ni "le gouvernement a décidé"... Non, "j'ai décidé".  Il y en a pourtant eu deux, des conseils de défense sanitaires cette semaine. En théorie, c'est là que se prennent les décisions, en pratique, c'est dans la tête du président que cela se passe. Quant au Conseil des ministres, n'en parlons pas : un participant nous racontait mercredi que le chef de l'Etat ne leur avait rien dit, ou presque, des annonces qu'il s'apprêtait à faire quelques heures plus tard. Le président voit tout, sait tout, décide de tout, évidemment c'est la nature de la 5e République. Mais c'est aussi Emmanuel Macron lui-même qui a organisé cet isolement : en théorisant la présidence "jupitérienne" d'abord, puis en se séparant d'Edouard Philippe, Premier ministre populaire remplacé par Jean Castex. Mais face au terrorisme, au Covid, à la crise économique, peut-il tenir seul ? Réponse d'un ministre : "Il en faut d'autres autour de lui pour porter cette charge et tenter d'éclairer ces heures sombres".   Allez Simon, on se projette sur les jours qui viennent et on regarde vers les Etats-Unis, à quatre jours de l'élection présidentielle... Trump / Biden... Aucun des deux candidats n'enthousiasme la classe politique française. Il n'y a guère que le Rassemblement national qui prend position : Marine Le Pen envoie deux de ses lieutenants, dont Jordan Bardella, à Washington pour le soir de l'élection. Mais ce qui est sans doute plus intéressant à regarder, c'est l'envolée du vote par correspondance. Covid oblige, plus de 70 millions d'Américains se sont déjà exprimés, c'est la moitié du total des votants de 2016. De là à donner des idées à la France ?  Vous vous souvenez peut-être que la question s'était déjà posée au printemps, pour le second tour des municipales, après un premier tour calamiteux en terme de participation. Le ministre de l'Intérieur de l'époque Christophe Castaner s'était montré plutôt ouvert.  

Le vote par correspondance est une hypothèse, qui avait été pratiqué en France jusqu'en 1975. Les parlementaires de l'époque avaient souhaité y mettre un terme pour des raisons d'usage frauduleux, mais nous devons ne rien exclure sur ce sujet 

Le Modem poussait de toutes ses forces. Les députés de François Bayrou avaient même proposé une loi, sans succès. Alors oui, il y a beaucoup d'obstacles techniques, logistiques et juridiques... Aux Etats-Unis aussi, d'ailleurs, où certains se demandent si l'ampleur du vote par correspondance cette année ne va pas faire dérailler l'élection. Mais on peut prendre l'exemple de la Suisse, où il est très populaire, où de l'Allemagne, où il est de plus en plus répandu. A l'heure où le virus menace les prochaines élections régionales, la France pourrait bien être tentée de s'en inspirer.

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