J-7 : Un président finalement si "normal"... J+7 : l'immense chaise vide laissée par Hulot

La semaine politique ! Avec vous, Yael Goosz, chef du service politique. On regarde dans le rétro et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est un président très "normal", finalement...

Emmanuel Macron dans les pas de... François Hollande !

Si j'ai choisi Nicolas Hulot il y a quinze mois, c'est parce qu'il est, entre autres, un homme libre (....). Et ce peuple luthérien n'est pas exactement le Gaulois réfractaire au changement (...). J'ai besoin d'être sûr ce de ce que nos concitoyens vivront le jour où on le mettra en place, si on décide de le mettre en place." (extraits de discours d'Emmanuel Macron, les 29 et 30 août 2018 à Copenhague et Helsinki)

Piégé à l'insu de son plein gré, par Hulot, par les Gaulois et par le prélèvement à la source... ça fait beaucoup en moins d’une semaine !

A l'heure où son prédécesseur dédicace (encore) ses Leçons du Pouvoir à Cherbourg, on pourrait même dire qu'Emmanuel Macron se "hollandise"... Impression de déjà-vu chez les journalistes politiques, ces rentrées non maîtrisées, sur fond de sondages en berne : la courbe d'Emmanuel Macron plonge au niveau même niveau que son prédécesseur après un an de mandat.

Eté pourri en Macronnie... Et là l'Elysée coche toutes les cases. Exemplarité ? Comment en parler après l'affaire Benalla... Comment ne pas douter après la nomination d'un écrivain fan de Macron comme consul à Los Angeles ! Autorité et ouverture ? Nicolas Hulot, sa plus belle prise, lui claque entre les doigts en direct un matin à la radio... Détermination ? C'est le grand flou sur le prélèvement à la source. Constance ? Il faut ajuster et serrer les boulons du budget parce que la conjoncture se dégrade. Communication maîtrisée ? Nicolas Hulot a dû halluciner quand il a vu le Président aux commandes d'un jet-ski dans Voici il y a deux semaines. On a connu transport plus vert !

Comment rebondir ? Sur le terrain européen, contre les "nationalistes" ? Sauf que l'Elysée peine à trouver de nouveaux alliés... Pour autant, les oppositions, LR, PS, Insoumis, RN, auraient tort de se frotter les mains, car la relève n'est pas du tout prête. Et si Emmanuel Macron devait n'être qu'un accident de l'Histoire, derrière, c'est l'abstention qui pourrait devenir dangereusement normale.

Allez, Yael, on se projette sur la suite, météo politique à 7 jours...

Big-bang ou pas big-bang ?

Cela ne peut pas continuer comme avant (....). Aucun écologiste n'ira dans ce gouvernement s'il n'y a pas ce big-bang" (l'ancien ministre Pascal Canfin, directeur du WWF, hier, chez Léa Salamé)

Alors, à France Inter, on démissionne en direct, mais le studio 511 n'est pas magique au point de nommer les ministres... Les horlogers sont toujours à Matignon et à l'Elysée ! Et là encore, impression de déjà-vu : rentrée hollandaise au niveau RH. Le vivier s'assèche : qui convaincre ? Qui débaucher ? Qui est compatible ? Excitation pré-remaniement, sans avoir, ni qui, ni quand : lundi, mardi, mercredi prochain ?

Sauf que cette fois-ci, les mots de Hulot résonnent encore... La Terre brûle et le gouvernement français attend son ministre ! Vanité du moment, quel mécano politique mettre en place, à l'échelle de notre petit pays, quand les îles Fidji ont déjà les pieds dans l'eau qui monte, qui monte, qui monter...

Là encore, les oppositions guettent le moment propice, le terrain politique laissé en jachère par Nicolas Hulot, mais rien est prêt... Hulot est parti, et j'ai compté : en ce vendredi 31 août 2018, il y a potentiellement 8 listes concurrentes, rien qu'à gauche, pour les élections européennes de mai prochain ! L'écologie, aujourd’hui, est partout, dit-on, mais sans incarnation, elle risque de n'être nulle part. 

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