J-7 : la macronnie juge les juges. J+7 : la droite (et Marine Le Pen) s'intéressent de près à Boris Johnson..

La semaine politique ! Avec vous, Yael Goosz, chef du service politique. On regarde dans le rétro et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est une intrusion…

Oui, du pouvoir exécutif dans le pouvoir judiciaire. 

Même si, à la fin, le juge devait décider que la responsabilité pénale n'est pas là, le besoin de procès, lui, est là" (Emmanuel Macron)

Si le monde de la justice ne s'empare pas de cette loi, j'ai le droit de dire qu'il y a un problème" (Marlène Schiappa)

Premier extrait : Emmanuel Macron devant la communauté française de Jérusalem, la semaine dernière, quand il critique la cour d’appel de Paris et ses juges qui ont déclaré pénalement irresponsable le suspect du meurtre de Sarah Halimi. Et deuxième extrait : la secrétaire d’Etat à l’égalité hommes / femmes, invitée mardi matin sur Inter. Marlène Schiappa sur l’attitude de certains magistrats par rapport aux viols sur mineurs. 

Dans les deux cas, critique publique de décisions de justice par le pouvoir exécutif… Ce qui explique pourquoi la Cour de Cassation est sortie de son silence, lundi, pour rappeler que la justice est indépendante et qu’elle doit s’exercer sereinement… 

Des passes d’armes qui fleurent bon les années Sarkozy ! Quand l’ancien Président allait, fin 2007, chez Michel Drucker, comparer les magistrats à des « petits pois » sans « saveur »… Mais la réalité, c’est que le quinquennat Macron est lui aussi teinté de défiance à l’égard des juges. 

C’est un François Bayrou, un peu moqueur, fin novembre, qui déclare qu’aujourd’hui, « tout le monde ou à peu près est mis en examen » chez les politiques. Ce sont des responsables de la majorité, très proches du Président, qui, sans aller jusqu’à soutenir François Fillon, reprochent aujourd’hui aux juges leur traitement inhumain et les incitent à proportionner la sanction… "Il n'a tué ni violé personne !", dit un macronniste du premier cercle. C’est aussi Nicole Belloubet, la garde des Sceaux, épinglée à l'automne par le Canard enchaîné, et incitée à ne pas mélanger carte judiciaire et carte des élections municipales. 

Ancien ou nouveau monde : persistante d’une cohabitation difficile. Emmanuel Macron a conçu son acte 2 comme un retour aux corps intermédiaires et au respect qu’il leur est dû. La justice est plus qu’un corps intermédiaire, c’est un pouvoir, une autorité indépendante ! Et dans le rapport entre exécutif et judiciaire, là aussi il y aurait bien besoin d'un deuxième acte !

Allez Yael, on se projette sur les jours qui viennent… 

Les jours, les semaines, les mois… Le Brexit et l’Europe… To deal or not to deal avec Boris Johnson

Let's get Brexit done !" (Boris Johnson, le 12 décembre dernier, après la victoire des Tories aux législatives)

Revanche des Tories, grand retour des Conservateurs… A faire pâlir d’envie et rougir de jalousie les "Froggies" de la droite française. Comment passer si vite de 8 à 43% des voix ? Quelle est la recette de Bojo le clown devenu BoJo le stratège ? 

Chez Les Républicains, il fascine. Christian Jacob et une délégation LR vont prochainement se rendre à Londres pour le rencontrer. La clé, c’est d’avoir reconquis les classes populaires dans les bastions autrefois travaillistes. Mais au prix d’un logiciel politique reformaté : adieu le libéralisme, vive les fonctionnaires et le salaire minimum… Guillaume Peltier, numéro 2 des LR, est sur cette ligne. 

Bojo, qui fascine aussi Marine Le Pen. Elle compte sur lui pour faire la démonstration que le Brexit n'était pas le cauchemar annoncé par les "eurobéats" macronnistes. La présidente du RN retweete les prévisions de croissance du FMI, meilleure pour le Royaume-Uni que pour la zone euro… Pas de sang, pas de larmes outre-manche ? Si c'est le cas, elle en fera un argument de campagne en 2022. 

Boris Johnson, espoir malgré lui d’une classe politique française déboussolée… Mais qui semble juste avoir oublié le B à Ba de Bojo : s’il réussit à négocier le Brexit tel que, LUI, le souhaite, alors ce sont nos intérêts français qui en pâtiront. Dumping social et fiscal. Repli protectionniste. On a connu plus stimulant comme modèle à suivre.  

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