J-7 : la "poutre" qui menace l'existence des Républicains. J+7 : en juin, l'exécutif et la majorité passent leur bac vert.

Du pommier figure de l'UMP au greenwashing
Du pommier figure de l'UMP au greenwashing © Getty

La semaine politique, avec vous Yaël GOOSZ, chef du service politique de France Inter. On regarde dans le rétroviseur et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yaël, c’est une « poutre » qui a effectivement beaucoup « travaillé »...

Expression signée Edouard Philippe... Poutre qui menace d’effondrement toute la maison LR !

Je ne peux pas me résoudre à ce que Les Républicains n'incarnent qu'un segment (...), qui aujourd'hui pèse 8% ! (...) Dans la logique gaulliste, c'est au président lui-même d'en tirer les conclusions." (Gérard Larcher, le 28 mai 2019, France Info)

Ou comment appeler poliment un chef de parti à la démission. Quand un gaulliste s’adresse à un Laurent Wauquiez désavoué, mais toujours protégé par ses statuts… Après la débâcle socialiste de 2017, impression de déjà vu, cette fois chez Les Républicains. 

Avec cette stupéfiante migration (qui restera comme le fait politique majeur de ce scrutin), cette migration des électeurs LR vers La REM. Par vote utile contre Marine Le Pen, par adhésion à la politique économique d’Emmanuel Macron, par ras-le-bol des gilets jaunes. Par adhésion, aussi, sur les valeurs : Bellamy et Wauquiez ont fait campagne sur les « racines chrétiennes », mais c’est pour la liste En Marche que les Catholiques pratiquants ont voté massivement ! 

La droite française en plein déluge, Bellamy demande « pardon », et Larcher construit à la hâte une arche de Noé, qui réunira mardi les grandes associations d’élus et leurs présidents : une trinité large, François Baroin (LR mais distant), Dominique Bussereau (LR dissident), et Hervé Morin (centriste conciliant). 

Mais l’arche est à moitié vide : l’UDI de Jean-Christophe Lagarde ne monte pas, la jeune génération LR non plus (elle veut du changement plus vite et plus fort), et Xavier Bertrand verra Larcher mais après, sans se mélanger aux autres… 

L’heure est grave : 7% seulement des électeurs LR de dimanche ont moins de 35 ans. 3% d'ouvriers et 11% de cadres. Déclin global et espace qui se rétrécit, des deux côtés : les plus droitiers ont préféré l’original RN à la copie. Et les plus centristes ont préféré la copie En Marche à l’original.

Allez, Yaël, on se projette sur les jours qui viennent...

Greenwashing ou verdissement sincère, le test commence lundi. 

Le premier projet, c'est de répondre à l'urgence climatique. C'est un message très fort de ces élections, en France mais partout en Europe. Nous devons bâtir, avec ceux qui portent cette vision, une réponse très claire sur l'enjeu climatique." (Emmanuel Macron, à son arrivée à Bruxelles, le 28 mai 2019). 

Bande-annonce de l’acte 2 du quinquennat, qui débutera le 12 juin, par un discours de politique générale du Premier ministre. 

Avant cela, lundi, premier test, à l’Assemblée. Examen du projet de loi mobilité : il était l’une des réponses aux gilets jaunes, davantage d’investissements dans les transports du quotidien, désenclavement… Mais où sera le curseur de l’écologie ? 

La majorité est attendue au tournant, notamment sur le forfait mobilité durable, censé inciter les salariés à faire du vélo ou à co-voiturer. Sera-t-il facultatif, obligatoire ? Combien par an et par salarié ? Même interrogation sur la taxation du transport aérien : l’Elysée la veut à l’échelle européenne, mais la France ne doit-elle pas montrer l’exemple ? 

En réalité, c’est tout au long du mois de juin que l’exécutif va passer son bac vert. Loi énergie-climat qui dira comment on ferme les centrales à charbon, puis loi sur l’économie circulaire contre la prolifération des déchets. Epreuves écrites et orales avec 150 Français tirés au sort appelés eux aussi à mettre du contenu vert dans le contenant de l'acte 2. 

Vert très pâle ou très foncé, ce sera décisif pour la suite. Puisque La REM tend la main aux écolos à Bruxelles, et y réfléchit aussi pour les municipales. Enjeu de société, et enjeu électoral : la REM n’a pas tremblé aux européennes, mais son socle est fragile, les électeurs PS (que Macron avaient captés) migrent plus à gauche, préférant l’original EELV à la copie. D’où l’impérieuse nécessité pour un gouvernement, qui se dit écolo-converti, de rendre une copie originale. 

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.