Arnaud Desplechin était dans le Mag de l’été hier pour parler de son nouveau film "Roubaix une lumière" en salles aujourd’hui.

Arnaud Desplechin
Arnaud Desplechin © AFP / MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY

Au micro d’Anna Sigalevitch, il raconte la genèse du film ; et comment le réel, la lumière et la fiction se mêlent.

Arnaud Desplechin : 

"C'est un film qui se passe dans une institution, un commissariat. Ce sont des trajets de femmes (Léa Seydoux et Sara Forestier) qui croisent le commissariat avec deux figures de flics : Daoud et Coterel. Les deux femmes que l'on découvre d'abord victimes. 

A Roubaix, elles sont harcelées. Puis il y a l'incendie d'une maison et peu à peu, elles deviennent suspectes. Il y a eu un meurtre et elles sont interrogées. 

Et tout à coup, c'est un Roubaix extrêmement brutal

Est-ce que je l'ai connu ce Roubaix-là ? Non, parce que j'ai une vie protégée. Pas une vie protégée dans le sens bourgeois, matériel, mais plutôt dans le sens où j'ai eu une vie de cinéphile. De l'âge de 11 ans à 17 ans, je suis resté enfermé dans ma chambre à regarder la télé, à lire des livres à écouter des disques, je ne connaissais pas ma ville. En fait, je l'ai connue à travers ce film. 

J'avais une grande envie de me frotter à la brutalité du réel, à me pencher sur Roubaix avec un oeil documentaire. 

J'avais été très frappé par un faits-divers terrible, inhumain que mes parents m'avait raconté. Un an après j'avais découvert le film Roubaix commissariat central de Mosco Boucault. Il avait été là et avait mis en scène. Son documentaire m'avait marqué et je m'étais dit, il faut que je fasse ça. J'avais à l'esprit  le commissaire Daoud. La performance de Roschdy Zem troue le coeur. C'est une bombe. je suis à genoux devant lui. Le personnage de ce commissaire ne croisait pas le trajet des deux jeunes femmes dans le film de Mosco Boucault. Mais moi j'avais envie que ce commissaire Daoud ait son narrateur Louis Coterel.

Les invités
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.