Les prairies sont des milieux "stables " non labourés et servent de refuge pour la biodiversité. Prairies permanentes, temporaires, artificielles, prés de fauche, prés-vergers, prés-bois, pelouses d’altitude, parcours communaux... Ces écosystèmes sont en danger à cause de l'agriculture intensive.

Les prairies : hauts lieux de la biodiversité. Ici en Auvergne
Les prairies : hauts lieux de la biodiversité. Ici en Auvergne © Getty / Martial Colomb

Les prairies sont des  hauts lieux de  biodiversité et l’équilibre spatial et temporel subtil entre prairies et cultures est garant du bon fonctionnement écologique, mais aussi agronomique et économique.  Mais l'agriculture intensive fait de gros dégâts sur ces écosystèmes refuges de biodiversité. Le magazine Reliefs consacre tout un dossier aux prairies dans son dernier numéro.

Des milieux non labourés qui servent de refuge pour la biodiversité

Pour les oiseaux et les insectes, les prairies (dont les luzernes, des prairies temporaires) sont des hotspots de biodiversité.   Pourtant, sur le site d’étude, Zone Atelier Plaine & Val de Sèvre, entre 1 et 2 % des oiseaux, toutes espèces confondues, s’effacent chaque année de la plaine céréalière des Deux-Sèvres. Les plantes, amphibiens, reptiles, insectes ou mammifères suivent la même voie. 

À l’origine de cet effondrement : l’intensification de l’agriculture, avec le recours massif aux intrants chimiques (fertilisants, pesticides), le remplacement des habitats naturels et des prairies permanentes par des cultures et l’utilisation plus intensive des terres agricoles.  La disparition de mosaïques culturales et d’éléments semi-naturels dans les paysages agricoles – bordures des champs, haies, prairies –, et l’apparition des prairies artificielles ont contribué à l’homogénéisation de l’habitat à toutes les échelles spatiales. 

Des laboratoires à ciel ouvert pour observer les prairies

  • La Zone Atelier Plaine & Val de Sèvre est un laboratoire à ciel ouvert, sur un grand territoire (450 km²) et permettant des recherches sur des temps longs en Région Aquitaine. C’est un site pilote pour l’analyse des trajectoires de la biodiversité et des pratiques agricoles, l’expérimentation de nouvelles pratiques agroécologiques avec les agriculteurs et celle de nouveaux comportements de consommation avec les habitants. 

Dans une plaine céréalière française exploitée de façon intensive, la réintroduction des prairies a été proposée pour des fins de conservation afin de protéger l'outarde canepetière, une espèce d'oiseau très menacée. Les prairies ont été mises en place grâce à l’outil « Mesures Agri-environnementales (MAE) », à titre expérimental. L’efficacité des MAE sur les outardes a été totale. Leur mise en œuvre a révélé d'autres effets bénéfiques sur pratiquement toutes les composantes du réseau trophique dans ces agroécosystèmes, en particulier au niveau du paysage. En effet, dans les systèmes céréaliers intensifs, les habitats pérennes telles que les prairies sont radicalement différentes de cultures annuelles en termes de niveau et de fréquence des perturbations (labour, semis, pulvérisation, etc.). Les résultats montrent que les prairies, en particulier la luzerne, sont le support de nombreux services écosystémiques.  

  • Le Massif Central ou "la plus grande prairie d’Europe" : un grand territoire d’élevage à l’herbe, constitué à 80 % de prairies. S'y déroule une autre expérience d'observation, sur deux sites de l’INRAE, sites de Theix et Laqueuille, en Auvergne qui aborde la dynamique des prairies naturelles  et le fonctionnement et propriétés agronomiques et environnementales des prairies permanentes selon le mode de gestion appliqué. 

Les prairies permanentes des sites de Theix et de Laqueuille sont soumises à différents modes de gestion, appliqués de façon régulière, afin d'analyser les réponses de la prairie en termes de structure des communautés (végétales et microbiennes) et de fonctionnement de l’écosystème.

Avec 

  • Vincent Bretagnolle, écologue  directeur de recherches au Centre d’études biologiques de Chizé (CNRS, La Rochelle université) et responsable d’Ecobiose.   
  • Frédérique Louault, agronome ingénieure de recherche à l’Inrae, travaille sur l’écosystème prairial  
L'équipe
Thèmes associés