L’Inrap consacre sa cinquième saison scientifique et culturelle au Néolithique, époque charnière de notre histoire

Fureur meurtrière au Néolithique à Achenheim (Bas-Rhin), 2016
Fureur meurtrière au Néolithique à Achenheim (Bas-Rhin), 2016 © Philippe Lefranc / Inrap

L’Inrap consacre sa cinquième saison scientifique et culturelle au Néolithique, époque charnière de notre histoire.  Aujourd’hui encore, la période fascine et suscite de nombreux débats entre chercheurs. Qu’est-ce que le Néolithique ? L’âge de la pierre polie, les premiers temps de la sédentarisation, l’apparition de l’agriculture et l’élevage, les débuts de la poterie ? L'archéologue Jean Guilaine dans « La seconde naissance de l’homme, le néolithique3 Ed Odile Jacob écrit que le Néolithique a constitué dans la trajectoire de l’humanité un tournant capital, une prise de distance avec les temps paléolithiques et il y a environ 12 000 ans, une mutation s’amorce.  Tout au long de cette saison, l’Inrap proposera des temps de rencontre avec le public, des manifestations partout sur le territoire ainsi que de nombreuses ressources pour tous les publics : expositions, films, conférences, podcast, enrichiront la saison. Du 2 avril 2021 au 13 février 2022, une grande exposition au musée des Confluences, à Lyon, constituera un temps fort de la saison : « La Terre en héritage, du Néolithique à nous ». Elle propose ainsi d’observer les défis de notre époque à l’aune de la période Néolithique

Il y a environ 12 000 ans, notamment au Proche-Orient, des communautés humaines expérimentent pour la première fois la sédentarisation et la domestication des plantes et des animaux sauvages. Ainsi, après 300 000 ans passés à chasser et à cueillir les produits de la nature, elles s’engagent, grâce à l’agriculture, dans une économie de production dont elles tirent leur subsistance. Ce profond changement du mode de vie a été perçu comme la Révolution Néolithique, bascule culturelle sans précédent à l’échelle du globe. Cette rupture couvre tous les champs, jusqu’à la propre représentation du monde et de l’humain par rapport au reste du vivant. Aujourd’hui, le lien circulaire entre production, sédentarisation et démographie structure toujours nos sociétés. 

Alors les populations du Néolithique étaient elles pacifiques et solidaires ? Déjà, Les chasseurs cueilleurs et leurs successeurs néolithiques connaissaient meurtres et conflits, avec la production alimentaire, la possession de troupeaux et de territoires convoités, la constitution de richesses et de capitaux, l’affichage identitaire, la pression démographiques, de nombreux motifs d’affrontement.  A cette forme d’insécurité s’ajouta un autre motif de tension des lors que les inégalités s’accentuant vers la fin du Néolithique. S’ajoutant à la compétition interne, la guerre ne va dès lors cesser d’être endémique, en même temps qu’elle devient un tremplin social.

Près de Strasbourg, des scènes de massacre. En 2016, des chercheurs de l’Inrap ont mis au jour les vestiges d’un massacre vieux de plus de six mille ans, à Achenheim (Bas-Rhin). Cette importante découverte illustre un cas de violence qui a sévi dans l’Europe du Néolithique. Plus de 300 de silos, dont la plupart abritait céréales ou autres denrées,  ont été découverts lors de cette fouille prescrite par l’État (Drac Alsace Champagne-Ardenne Lorraine). Ils se trouvent à l’intérieur d’une vaste enceinte, matérialisée par un puissant fossé en V, dont les entrées sont protégées par des sortes de bastions. Ce dispositif défensif évoque des temps troublés, une période d’insécurité, qui, au Néolithique moyen entre 4400 et 4200 avant notre ère, forcent les populations à se protéger

Dans un vaste silo de près de 2,50 m de diamètre : six individus y gisent, sur le dos, le ventre ou le côté, parfois entremêlés. Leurs positions laissent supposer qu’ils ont été abandonnés dans la fosse, sans autre ménagement... Ce macabre dépôt se compose de cinq adultes et d’un adolescent, tous des hommes. Les squelettes sont complets, même si certains ossements sont isolés. Tous présentent de nombreuses fractures aux jambes, mains, pieds, côtes, clavicules, crâne et mandibule

avec Dominique Garcia, archéologue, professeur des universités et président de l’Inrap, Institut national de recherches archéologiques préventives. 

et Philippe Lefranc, archéologue néolithicien et ingénieur de recherche au Centre archéologique de Strasbourg à l’Inrap 

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