La graine raconte l’histoire de l’agriculture. De la domestication des plantes du Néolithique au regain d'intérêt pour les semences paysannes aujourd’hui, elle est le reflet de notre vision du monde et de ce qu'il y a dans notre assiette.

La graine de mon assiette.
La graine de mon assiette. © Getty / Jaturon Ruaysoongnern / EyeEm

Dans "la graine de mon assiette. De l'origine de l'agriculture et des semences à une invitation à changer le monde" Véronique Chable et Gauthier Chapelle nous embarquent dans le temps , à la découverte des semences dans leur contexte historique, scientifique, culturel, socio-économique et politique, dans les espaces des champs, des laboratoires et de la règlementation pour découvrir les histoires indissociables de l’agriculture et des semences. Cela pour connaitre l’histoire ce qu’on a dans notre assiette et prendre conscience de notre existence sur terre. 

Qu’est-ce qu’une graine ? et une semence? La graine est un support biologique et contient la plante en devenir et tout ce que nous mangeons vient de cette graine. Elle est au centre de l'histoire de l'agriculture. La semence, elle, est la graine plus un savoir. Elles expriment deux réalités différentes.

L’histoire de l’agriculture commence avec celle des semences. De la révolution néolithique il y a 10 000 ans à aujourd'hui, les plantes ont été domestiquées et modifiées. Aujourd’hui on évalue le nombre de plantes plus ou moins domestiquées à entre 1000 à 2500 espèces, appartenant à plus ou moins 150 familles taxonomiques. À l’heure actuelle 75% de la nourriture mondiale provient de seulement 12 plantes et de 6 espèces animales, 60% de l’apport calorique mondial total n’est issu que de 3 plantes qui sont le riz le blé et le maïs. Avec la sélection de graines dites modernes stables et homogènes distribués par des entreprises semencières, le vivant a été dénaturé et l’agriculteur a aussi été dépossédé de la sélection de ses variétés, de la production de ses semences et, bien sûr, des semences elles-mêmes. 

Deux visions de l’agriculture : L’agriculture appelée conventionnelle est le reflet d'un choix politique décidé au sortir de la deuxième guerre mondiale : productivisme, efficacité et remembrement agricole pour accroitre les récoltes , génétique des plantes pour une agriculture de précision et création de plantes transgéniques ou génétiquement modifiés et résistantes, produits chimiques . Une partie de la société, les consommateurs, les chercheurs, les agriculteurs- paysans commencent à prendre conscience de l’impact négatif de cette agriculture industrielle sur l’environnement, et se tournent vers des alternatives. Dans les années 20 la notion d’agro écologie est apparue pour rapprocher écologie et agriculture. Des mouvements alternatifs sont apparus avec les semences paysannes. Actuellement en Europe l’agriculture biologique occupe 7,5% des terres cultivées, la France reste en dessous de la moyenne européenne avec seulement 7% de surfaces biologiques cultivées. C’est une autre vision de l'agriculture à l’opposé de l’agriculture conventionnelle avec des principes de l’agriculture biologique selon l'IFOAM, la Fédération Internationale des mouvements de l’agriculture biologique sont des principes de santé, d’écologie, d’équité et le principe de précaution. C’est une autre vision de l'agriculture à l’opposé de l’agriculture conventionnelle, c'est un choix de société. 

avec Véronique Chable : généticienne et agronome depuis 1983 et se consacre à l’agriculture biologique, la recherche participative et la renaissance des semences paysanne depuis 2000 à l’INRAE (Institut National de la Recherche Agronomique et de l’Environnement) au sein de Biodiversité Agroécologie et Aménagement du Paysage) et de l’équipe « Laboratoire Biodiversité cultivée et Recherche Participative «. Elle est également administratrice de Kaol Kozh et vient de publier un livre « La Graine de mon Assiette », co écrit avec Gauthier Chapelle. Ed Apogée

Elle est à l’initiative du Congres mondial de l’agriculture biologique qui se tiendra du 6 au 10 septembre à Rennes. Tous les continents seront représentés avec de sessions scientifiques, paysannes, multi acteurs et des journées sur les semences paysannes, 

et Gauthier Chapelle est ingénieur agronome et docteur en biologie, chercheur » in-Terre-dépendant » Il est aussi auteur de « Une autre fin du monde est possible ; Vivre l’effondrement (et pas seulement y survivre. » co-écrit avec Raphaël Stevens et Pablo Sevigne au Seuil, et « L’entraide, l’autre loi de la jungle, aux Les liens qui libèrent, Co-écrit avec Pablo Servigne. 

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