Aujourd'hui, au programme du club, on part en Sicile étudier l'Etna, volcan emblématique qui s'est réveillé le 16 février dernier. On plonge sous terre pour mieux comprendre l'importance des vers de terre dans la revitalisation des sols et enfin on s'intéresse à comment vulgariser les sciences pour les enfants.

Au pied de l'Etna
Au pied de l'Etna © Patrick Allard

Les fontaines de lave de l'Etna 

L’Etna s’est réveillé le 16 février dernier, ce volcan situé en Sicile est l’un des plus instrumenté au monde. Il offre en ce moment un spectacle fascinant, celui d’impressionnants jets de lave, appelés fontaine de lave. Un phénomène plus spectaculaire que dangereux. Néanmoins la communauté scientifique sur place s’interroge quant à l’évolution de la situation qui, bien que très étudiée, réserve ses parts d’incertitude.

Ces fontaines de lave correspondent à la montée de magma depuis les profondeurs qui remonte et réalimente la partie superficielle de l’Etna. Le magma profond remonte grâce aux gaz. Depuis décembre, avant les fontaines de lave les scientifiques de l'INGV ont enregistré une augmentation par facteur 4 de flux de souffre sortant, signe avant-coureur d'une éruption. 

Patrick Allard chercheur associé à l'INGV explique que "tant que le volcan reste suffisamment ouvert et évacue ce surplus d'énergie ça va". Dans le cas contraire, si les conduits de lave ne sont pas assez ouverts il se peut (et c’est le risque) que le volcan se fragmente et il y aura à ce moment-là il y aura des épanchements de magma qui vont fracturer le volcan faisant courir un risque pour les populations.

On en parle avec Patrick Allard, directeur de recherche émérite à l’institut de physique du globe de Paris et chercheur associé de l’INGV (Institut national de géophysique et de volcanologie)

Les fontaines de lave de l'Etna
Les fontaines de lave de l'Etna / Patrick Allard

Les pesticides présents partout, y compris dans les vers de terre selon une étude de l'Inrae

Une équipe de chercheurs a montré l'omniprésence de plusieurs types de pesticides dans les sols et dans des organismes tels que les vers de terre. L'étude a été réalisée au sud de Niort et rapporte que les molécules de pesticides recherchées, ont été "détectées dans plus de 80 % des échantillons [...] des concentrations parfois élevées voire supérieures aux doses recommandées."
L'objectif initial du projet était d’évaluer la contamination dans des milieux agricoles et de savoir où est-ce que pouvait être retrouvés les pesticides dans un paysage agricole.  Les scientifiques se sont donc intéressés aux parcelles traitées et aux éléments alentours, aux parcelles agricultures biologiques, ou conventionnelles, aux haies ou encore aux prairies permanentes afin de voir la façon dont l’agencement des éléments du paysage pouvaient limiter les transferts des pesticides.

Dans les 180 échantillons de sols prélevés, tous les sols étaient contaminés par au moins une molécule (insecticide, herbicide, fongicide).

Concernant les vers de terre, 92% des vers de terre étudiés étaient contaminés, mais il est encore difficile de connaître l'impact des pesticides sur leur reproduction et sur la chaîne alimentaire, les vers de terre étant les proies de nombreux animaux, comme les oiseaux.

Pour rappel, les vers de terre sont des organismes qui sont inféodés aux sols, ils passent tout leur cycle de vie dans les sols. Ce sont des indicateurs des pratiques agricoles et des indicateurs de la santé des sols. Les vers de terre sont des consommateurs de matières organiques et participent au cycle du carbone. Ils vont créer un réseau de galeries qui vont participer au transfert de l’eau et de l’air dans les sols et vont être en interaction avec d’autres organismes du sol de plus petites tailles. Ils créent de la porosité et modifient la structure du sol en créant des galeries et sont des proies pour beaucoup de vertébrés. Mais ils tendent aussi à bioaccumuler des pesticides.

On en parle avec Céline Pelosi, écologue et chercheuse à l’INRAE première signataire de l'étude paru dans Agriculture, Ecosystems & Environment.

Sensibiliser les enfants aux sciences et à l'environnement

Comment transmettre la fibre environnementale et écologique ? La question est pertinente à l'heure où le réchauffement climatique menace de changer nos conditions de vie pour un long moment. D'autant plus lorsqu'il s'agit d'apprendre aux nouvelles générations, celles qui tiendront les rênes de la planète dans quelques années. Entre catastrophisme exacerbé et ingénuité exagérée, il existe un juste milieu par lequel peut se transmettre la connaissance de la nature et de l'environnement.

C'est le pari qu'on fait nos deux invitées, Léa Milsent, qui publie le Zapping de l'environnement, et Catherine de Coppet, autrice de La Biodiversité 

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