Vingt‑cinq ans après la première détection d'une exoplanète, quelques 4 100 planètes confirmées, dont 665 systèmes planétaires multiples, c’est‑à‑dire comptant plusieurs planètes, ont été découvertes. Seront-elles habitables ?

Les exoplanètes et la vie dans l'univers. Ici l'étoile (naine rouge) Gliese 887 proche de notre Système solaire où au moins deux superterres avaient été trouvées, 2020
Les exoplanètes et la vie dans l'univers. Ici l'étoile (naine rouge) Gliese 887 proche de notre Système solaire où au moins deux superterres avaient été trouvées, 2020 © Getty / MARK GARLICK/SCIENCE PHOTO LIBRARY

La quête de planètes potentiellement habitables devient aujourd'hui un champ de recherche actif. 

La première image d’une exoplanète est arrivée presque dix ans après la confirmation de la première détection en 1995 par Michel Mayor et son étudiant Didier Queloz. En 1994, soit une année avant l’annonce de sa découverte, Michel Mayor et son étudiant détectent dans le spectre de l’étoile Peg51 des oscillations qui correspondraient à une planète ayant une masse 2 fois plus petite que Jupiter et une période de moins de cinq jours. Il attendit donc patiemment l’été suivant pour mener une deuxième série d’observations et confirmer ce résultat des plus surprenants. 

Cet évènement pointa les télescopes et les esprits dans une direction radicalement nouvelle, vers des objets en orbite proches qui produisent des variations temporelles pour l’étoile hôte plusieurs ordres de grandeurs inférieurs à ce qu’indiquait l’architecture du système solaire. La découverte des exoplanètes semble, à première vue, une question bien éloignée de nos préoccupations quotidiennes. Elle est en passe de révolutionner l’histoire du système solaire et, par voie de conséquence, l’histoire de la Terre sur 4,5 milliards d’années. 

Y a-t-il des candidats habitables ou des zones habitables parmi  ces exoplanètes ? Les planètes dont la masse est comparable à celle de la Terre et qui se trouvent à une distance de leur étoile hôte, telle que l’on pense que l’eau est à l’état liquide, sont dénommées "planètes habitables". Il ne suffit pas d’être dans la zone habitable d’une étoile pour être habité. Il faut, de plus, y ajouter un ensemble d’événements supplémentaires spécifiques à l’histoire de la Terre, lesquels ont probablement contribué à la maintenir habitable sur plus de 4 milliards d’années. Avec la découverte de ces exoplanètes et la recherche de la vie, on se pose désormais la question de l’unicité de la Terre. 

Avec 

Stéphane Mazevet, astrophysicien à l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides au sein de l’Observatoire de Paris. Il porte le programme Origines et conditions d’apparition de la vie à l’université PSL, Paris Sciences Et Lettres et il est l’auteur de À la recherche de nos origines. Les exoplanètes et la vie dans l’Univers (édition Odile Jacob)

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