À l'occasion de la journée spéciale biodiversité, la Terre au carré est en direct au cœur de la Réserve Naturelle Nationale de la Baie de l'Aiguillon, située dans le Marais Poitevin pour parler de la diversité et des habitats des espèces d'oiseaux migrateurs, colombidés, marins, limicoles et des amphibiens.

Biodiversité en Baie de l'Aiguillon : les oiseaux migrateurs et les amphibiens
Biodiversité en Baie de l'Aiguillon : les oiseaux migrateurs et les amphibiens © AFP / EMILE BARBELETTE / BIOSPHOTO

Les espèces d'oiseaux migrateurs, zoom sur les colombidés

Nous nous intéressons à la famille des « Colombidé », qui regroupe les pigeons et tourterelles, groupe très commun dans le monde, une famille qui a très bien réussi  (309 espèces)! On retrouve des espèces sur tous les continents, les seules zones où on n’en trouve pas ce sont les pôles et les déserts les plus arides. C'est une famille qui s'est adaptée à des environnements différents. 

L'occasion de parler du pigeon ramier, de la tourterelle turque, de la tourterelle des bois et du colombin.

Zoom sur la tourterelle des bois : une tourterelle des bois fait 150gr, de tous nos colombidés en Europe c’est elle qui va aussi loin, elle peut faire 4000 km de trajets aller. C'est une espèce spectaculaire capable de parcourir des milliers de kilomètres pour aller passer l’hiver en Afrique. Elle fera donc des haltes pour se nourrir et notamment dans la baie de l'Aiguillon. Cette espèce fait l'objet d'un programme de conservation, elle est classée vulnérable par l'UICN en raison notamment de la disparition de son habitat tel que les haies.

On en parle avec Hervé Lormée, ingénieur à l’unité avifaune migratrice à l’OFB 

Qui sont les oiseaux qui viennent hiverner dans le golfe de Gascogne, et quelles sont leurs menaces ?

Dans le Golfe de Gascogne, les oiseaux vont hiverner, ou ils vont faire une halte sur la route vers leur zone d’hivernage plus au sud. 

Parmi les nombreuses espèces qui viennent dans le Golfe de Gascogne en hiver, on trouve des oiseaux qui recherchent des zones poissonneuses. Le plateau continental du Golfe du Gascogne est une zone très fréquentée par les oiseaux marins migrateurs ou en hivernage. C’est le cas par exemple des fous de Bassan, de guillemots de Troïl, des macareux, des labbes, des mouettes tridactyles, des puffins…
Ils sont généralement assez loin des côtes mais on peut les voir pour certaines depuis la pointe de l’île d’Oléron ou de l’île de Ré ou si on a la chance d’aller en mer.

Quelles sont les espèces d'oiseaux qui côtoient les vasières de la Baie de l'Aiguillon ? 

Dans la réserve de la baie de l’aiguillon, le biodiversité qui est visible est celle de la frange côtière et de ce système particulier de la vasière et des prés salés.

La première raison du classement en Réserve Naturelle provient de son exceptionnelle richesse ornithologique. Le littoral français représente une zone privilégiée sur la voie de migration est-Atlantique, et la baie de l’Aiguillon constitue un site de première importance pour les oiseaux d’eau. La réserve est un site de valeur internationale qui accueille d’importantes populations de limicoles et d’anatidés en hivernage ou en escale migratoire. Les oiseaux limicoles occupent la zone de l’estran, la zone côtière à l’inverse des pélagiques.

Les limicoles sont typiquement de grands migrateurs. On dénombre environ 45 000 limicoles, parmi lesquels les principales espèces sont : le Bécasseau variable, le Bécasseau maubèche, l’Avocette élégante, la Barge à queue noire, la Barge rousse, le Pluvier argenté, le Courlis cendré.

On en parle avec Emeline Pettex, chercheuse en écologie marine, spécialiste des oiseaux marins à Cohabys (Univ. De la Rochelle). Vient d'intégrer le conseil scientifique des réserves de Sud Vendée (dont la RN de la Baie de l'Aiguillon)

Comment les amphibiens réagissent à la pollution dans leur milieu et à une salinisation plus élevée ?

Les amphibiens comprennent deux grands groupes,  grenouille et crapaud, dont le nom de regroupement est les anoures. Il y a une quinzaine d’espèces. 

Le deuxième groupe ce sont les amphibiens regroupés sous le non de urodèles, les tritons et les salamandres. On dénombre 5 à 6 espèces dans l’ouest de la France. 

Les amphibiens sont d'importants modèles d'étude car ils sont peu mobiles, donc ne peuvent pas échapper à des contraintes fortes de l’environnement de manière aussi efficace que pourrait le faire un oiseau.
Ils ont une peau très perméable, important dans leur vie de tous les jours parce qu’ils régulent avec leur équilibre hydrique, il respire. Cette capacité de la peau à échanger avec le milieu sert de porte d’entrée à des contaminants environnementaux.

On en parle avec François Brischoux, biologiste, travaille en écologie et évolution Chargé de recherche dans l’équipe Eco-Physiologie Evolutive au sein du Centre d’étude biologique de Chize du CNRS

L'effet de contaminants sur les amphibiens 

Marion Chéron a étudié un produit de dégradation du glyphosate. Quand le glyphosate est épandu dans les champs, sous l’effet de la lumière ou de la température ou de l’oxygène il va se dégrader en plusieurs produits comme l’AMPA (pour l’ acide aminométhylphosphonique), une des substances les plus trouvée dans le monde dans l’eau.

L’idée est de voir comment les amphibiens vivent avec ces doses sub-létales. Les mares sont des milieux fermés, les concentrations de ce produit explosent dans ce milieu où les amphibiens se reproduisent et se développent. 

On en parle avec Marion Chéron, doctorante  Sujet de thèse : effets sub-létaux des contaminants environnementaux sur le développement du crapaud épineux (Bufo spinosus): une approche expérimentale

  • 14h38
    Le reportage de la TAC
    5 min
    La Terre au carré
    Le reportage de la terre au carré du jeudi 08 avril 2021
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