Le 11 mars 2011, un séisme de magnitude 7 est mesuré au Japon, ce séisme sera à l’origine d’un tsunami atteignant par endroit des vagues de 30m engloutissant 54 villes côtières et la centrale nucléaire de Fukushima Dai ichi entraînant un désastre nucléaire majeur.

Maisons effondrées après avoir été frappés par un tsunami à Minamisoma, préfecture de Fukushima le 12 mars 2011.
Maisons effondrées après avoir été frappés par un tsunami à Minamisoma, préfecture de Fukushima le 12 mars 2011. © AFP

S’en suivi de cette catastrophe des décisions du gouvernement japonais visant à évacuer la population sans entraîner de panique, ainsi que des mesures prises pour subvenir aux besoins des réfugiés. Les décisions et déclarations qui minimisent l’impact de la radioactivité seront rapidement critiquées par les sinistrés qui progressivement prendront en main certains domaines. 

10 ans après, qu’a-t-on appris de cette catastrophe nucléaire ? Les stratégies de décontamination ont-elles fonctionné et peuvent-elles servir dans d’autres cas ? Que signifient les politiques d’incitations au retour sur les zones touchées par la catastrophe ? Comment vit-on la catastrophe de Fukushima 10 ans après ? 

Olivier Evrard est chercheur en sciences de l’environnement CES au LSCE, il est co-directeur du programme international Mitate Lab. Il travaille sur l’érosion des sols et les transferts des polluants dans les rivières. Comprendre comment ça fonctionne, d’où ça vient, à quelle vitesse ça se déplace. Pour répondre à ces questions-là, il utilise des outils, dont la mesure des radionucléides comme le césium 137. Il s'est rendu sur place, à Fukushima, six mois après la catastrophe et travaille depuis sur les mesures de contamination des sols et le déplacement du Césium 137 qui est un véritable traceur dans cette région du monde particulièrement sujette au Typhon. Nous parlerons des stratégies de décontamination menées par l'Etat japonais et de leur efficacité et nous chercherons à comprendre ce que cette catastrophe nous a permis d'apprendre.

Mais comprendre l'étendue de cette catastrophe industrielle serait incomplète sans en saisir les enjeux sociologiques. Pour parler de cette partie, Cécile Asanuma-Brice est sociologue et chercheuse au CNRS, co-directrice du programme Mitate Lab et autrice de “Fukushima dix ans après, sociologie d’un désastre” paru aux éditions de la maison des sciences de l’Homme. 

Dans son livre, la sociologue pointe notamment la violence structurelle qui a été exercée par les moyens de traitement du gouvernement japonais de la catastrophe de Fukushima, à différents stades. Elle démontre aussi les procédés qui ont permis de banaliser la catastrophe via la résilience, concept malvenu dans ce contexte et les différents discours institutionnels qui visaient à minimiser la catastrophe. 

Parmi les thèmes abordés on retrouve, le relogement des réfugiés, la mesure de la radioactivité, le suivi psychologique des populations sinistrées, mais aussi la reprise en main par des collectifs de citoyens de certains domaines tel que la préparation de voyages de “rafraîchissement” pour les enfants, ou encore la mesure de la radioactivité... 

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