Poursuites judiciaires, perquisitions, surveillance... Focus sur le durcissement de la (ré)pression à l’encontre des militants environnementalistes, en partenariat avec le Fil vert de Libération.

Pierre Goinvic, Fanny Delahalle devant le tribunal à Lyon avant leur comparution pour avoir décroché les portraits d'Emmanuel Macron
Pierre Goinvic, Fanny Delahalle devant le tribunal à Lyon avant leur comparution pour avoir décroché les portraits d'Emmanuel Macron © AFP / Nicolas Liponne / NurPhoto

Le gouvernement veut « faire taire tous ceux qui mènent des actions symboliques contre le système de l’agriculture industrielle ». C’est en ces termes qu’une alliance d’écologistes, de paysans, d’associations environnementales et de médecins dénonçait, dans une tribune publiée le 15 janvier 2020 sur le site Reporterre, la « Cellule Demeter ». Une instance officiellement présentée par le ministère de l’Intérieur le 13 décembre 2019, composée de gendarmes, et avec pour vocation le « suivi les atteintes au monde agricole ». Comment qualifier cette réponse de l'appareil sécuritaire aux revendications - et modes d'actions - de certaines associations ? Les militants écologistes, historiquement non-violents, se seraient-ils à ce point "radicalisés" ? 

"Militants de l’environnement et agriculteurs se trouvent placés sur deux bords d’un fossé rhétorique qui se creuse", observe la journaliste Aude Massiot, membre du Fil vert du quotidien Libération. Pour saisir les menaces que font réellement planer les militants environnementalistes sur les agriculteurs et les éleveurs, elle a mené l'enquête sur la cellule Demeter dans le département du Doubs, dans le cadre d'un dossier du quotidien consacré au zèle de l'Etat face aux associations écolos

Car ces militants écologistes sont aussi davantage "réprimés et arrêtés", et en particulier depuis 2015, date des attaques terroristes en France et de la mise en place de l’état d’urgence, selon Sylvie Ollitrault, directrice de recherche au CNRS. Cette spécialiste du militantisme écologiste observe "un durcissement de la répression visant cette catégorie de militants, une criminalisation de certains actes, qui deviennent désormais interdits, et, avant-même la création de la cellule Demeter, la mise en place d'une surveillance ». Sylvie Ollitrault a également consacré de nombreux travaux à la désobéissance civile, et s'intéresse aux "radicalités militantes", une notion qui permet de cerner l'évolution des registres protestataires des écologistes.

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