L'impact des activités spatiales sur le réchauffement climatique et la pollution terrestre est le sujet de l'article proposé dans la revue "Ciel et Espace" ce jeudi.

Le vide spatial est-il écolo ?
Le vide spatial est-il écolo ? © Getty / Maciej Frolow

On parle beaucoup de pollutions diverses, de l’impact des avions et des voitures sur l'environnement et la biodiversité  mais on parle très peu de la part du  spatial sur le réchauffement climatique et la pollution terrestre. La revue Ciel et Espace a  mené une enquête sur l'impact du spatial sur la pollution terrestre et le réchauffement climatique.

Au jeu des comparaisons fusées/avions,  la part des émissions de CO2 liées au spatial est négligeable. Mais ce n’est pas parce que  ce n’est pas grand-chose qu’il ne faut rien dire ! Il y a de nombreuses  questions à soulever comme "Qu’y a-t-il dans ces nuages de fusées que les moteurs expulsent ? Sont-ils polluants ? Contribuent-ils au réchauffement climatique ?  Il faut noter qu' au cours de la dernière décennie, la fréquence des lancements a augmenté à raison de 6% par an si bien qu’en 2019, 103 fusées ont pris le départ.

Parmi les plus gros émetteurs de ces émanations polluantes et/ou à effet de serre : les boosters à poudre qui ont propulsé jadis la navette, équiperont demain la fusée SLS et catapultent aujourd’hui notamment Ariane 5. Ils contiennent des poudres de perchlorate d'ammonium et d’aluminium. Brûlé, ce mélange dégage principalement du CO2, de la suie, des particules d’alumine, de l’acide chloridrique, et de l’azote. Les Russes propulsent leurs Proton et les Chinois, leurs "Longue Marche” avec des propergols liquides stockables qui ont la particularité d'être toxiques et qui produisent, une fois incendiés, du CO2, de la vapeur d’eau, du monoxyde de carbone, de la suie, des oxydes d’azote. Et il y a aussi le problème des particules fines. Les engins propulsés à la poudre, au RP1 ou aux propergols liquide stockables rejettent en effet dans la stratosphère (entre 30 et 50 km) de grandes quantités de carbone suie, mais aussi de l’oxyde d’aluminium. De plus, plusieurs milliers d’épaves spatiales pouvant contenir des résidus de combustible doivent joncher les océans.

Le futur spatial sera t il vert ? La réduction de l’impact écologique des lancements spatiaux est un objectif fort pour les futures Ariane, et c'est aussi important que la réduction des coûts. Les axes d’amélioration  concernent la  réhabilitation des anciens sites industriels, l'étude de la production locale de biocarburant de fusée, la réutilisation du premier étage de la fusée, renoncer aux ergols toxiques.  Mais aussi une initiative  qui vise à en verdir considérablement la consommation énergétique du Centre Spatial Guyanais  en installant une centrale à biomasse pour générer des frigories et  des panneaux photovoltaïques, en réalisant des compensations foncières pour préserver la biodiversité en Guyane ou en remplaçant les deux modèles précédents Ariane 5 et Soyouz par  Ariane 6 .

Invités 

Philippe Henarejos, RC de la revue Ciel et Espace . L’article : « Pollution terrestre : la part du spatial  d’Emilie Martin  est à lire  dans la revue Ciel et Espace dans tous les bons kiosques  et sur le site de Ciel et Espace .

Jérôme Vila, ingénieur, il dirige ArianeWorks – une unité mixte entre ArianeGroup et le CNES –qui prépare les futures générations d’Ariane. Il travaille au Centre National d’Etudes Spatiales (CNES) depuis un peu plus de 20 ans. Arianeworks est une unité conjointe entre le CNES et Ariane groupe, le groupe industriel qui conçoit les fusées Ariane

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