La déforestation importée est l'importation de biens dont la production a contribué, directement ou indirectement, à la déforestation ou à la conversion d'écosystèmes forestiers naturels .

Quand nos importations, ici du soja, entrainent de la déforestation dans les pays producteurs
Quand nos importations, ici du soja, entrainent de la déforestation dans les pays producteurs © Getty / Zhang Peng/LightRocket

La France porte une responsabilité directe pour la protection des forêts de son territoire. Mais elle est aussi concernée hors de ses frontières, car notre mode de consommation fait peser des menaces sur des forêts à l’autre bout de la planète. C’est ce qu’on appelle « la déforestation importée » : c'est  l’importation de biens dont la production a contribué, directement ou indirectement, à la déforestation ou à la conversion d'écosystèmes forestiers naturels. C’est le cas de nos importations de soja, d’huile de palme, de cacao, de bœuf, d’hévéa et de bois. Les consommateurs peuvent donc jouer un rôle via le choix des produits qu’ils achètent. Les espèces de grands singes (gorilles, chimpanzés, bonobos, orang-outan) sont directement menacées par la déforestation qui détruit leur habitat. Leurs populations ont décliné de 70% depuis 1980. La France est le seul pays avec la Norvège à avoir récemment adopté une stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée. 

La motion "Lutter contre la Déforestation" et la motion "Grands Singes" portées par  le Comité Français de L'Uicn. Pour  la déforestation  importée,   une des recommandations  est de mettre en place une fiscalité différenciée  en taxant davantage des produits agricoles impliqués dans la déforestation et qui ne respectent pas des standards de certification incluant un critère "zéro déforestation” basés sur les approches Haut Stock de Carbone (HCS) et Hautes Valeurs de Conservation (HCV   ainsi que de se doter de  stratégies ambitieuses pour lutter comme la SNDI.  La motion Grands singes , à l'initiative de la primatologue Sabrina Krief,  vise à prendre des engagements et des recommandations destinés aux états et aux entreprises. L’idée est de mettre des voyants rouges sur une situation de conservation fragile et de renforcer la conservation des grands singes à l’échelle des pays, à l'intérieur et à l'extérieur des aires protégées, en impliquant les acteurs locaux : impliquer les ONG locales, la société civile africaine et agir dans et en dehors des AP si on veut sauver les grands singes.

Dans le nord du Parc national de Kibale en Ouganda, le projet FoFauPopU (Forest, Fauna, Population in Uganda),  vise à répondre à la situation de conflit existant entre les hommes et la faune sauvage. D’un côté, les babouins, chimpanzés et éléphants qui pillent les champs et les jardins des agriculteurs en bordure du parc ; de l’autre, des communautés locales touchées par la pauvreté et la malnutrition et les petits producteurset les sociétés de thé qui utilisent des intrants chimiques néfastes à la santé des populations, comme de l’écosystème forestier et de sa faune.  Conséquence de ces conflits de territoire : 1/3 des chimpanzés ont des membres amputés, victimes indirectes des pièges posés pour la capture de gibier, dans un pays où la chasse est interdite ; 25% des chimpanzés et de nombreux babouins présentent également des malformations faciales et un pourcentage notable de stérilité chez les femelles. Afin de rétablir un équilibre viable entre développement économique et social de la région et protection de la biodiversité, le projet FoFauPopU se mobilise sur trois activités principales :  Renforcer la gouvernance collective des communautés riveraines et des institutions impliquées dans le but de gérer durablement les ressources et ainsi contribuer à réduire la pauvreté et l’insécurité alimentaire et à préserver la biodiversité ; Réduire les conflits et les nuisances entre les hommes et la faune  et Développer et valoriser économiquement la production biologique et le commerce équitable des cultures, afin notamment de limiter les problèmes de santé humaine et animale et d’inciter les populations à collaborer à la préservation de l’environnement

avec Nicolas Salaün,  Chargé de programme Coopération Internationale au Comité français de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature)

et Sabrina Krief en direct du Parc national de Kibale en Ouganda à Sebitoli. Elle est primatologue et professeure au Museum national d’Histoire naturelle (MNHN), responsable de l’association Projet pour la conservation des grands singes et du programme FoFauPopU, Foret-Faune-Populations en Ouganda.

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