"Nous fouillons c’est votre histoire" est la devise des archéologues, qui proposent un nouveau portrait des Gaulois, loin des idées reçues.

Quand l'archéologie renouvelle l'image des Gaulois. Ici des pièces de monnaie gauloises (des statères en électrum datant du Ie siècle av J.-C)
Quand l'archéologie renouvelle l'image des Gaulois. Ici des pièces de monnaie gauloises (des statères en électrum datant du Ie siècle av J.-C) © Maxppp / LE TELEGRAMME

Entrons en Gaule avec Dominique Garcia archéologue et Président de l'Inrap et Véronique Matterne archéobotaniste pour découvrir les paysages, les cités, les villages, l'agriculture et le peuple gaulois.

Réfractaires, insoumis, autochtones… 

Les Gaulois occupent toujours une immense place dans l’imaginaire français.  Depuis l’Antiquité, ces peuples soi-disant « nés de notre terre » sont parés de toutes les vertus ou raillés pour leur barbarie, victimes de toutes les caricatures. 

Qu’y a-t-il vraiment derrière Brennus, Vercingétorix ou même Astérix et Obélix ?  

Dans son dernier livre Les Gaulois à l’œil nu, Dominique Garcia  dresse un nouveau portrait du peuple gaulois grâce à l’archéologie et à l’histoire.  Pasteurs, cultivateurs, orpailleurs, les Gaulois sont aussi citadins, commerçants et artisans. Entre l'Atlantique et la Méditerrannée,   ils vivent, échangent, créent avec tous les peuples de l’espace "européen". 

Alésia, Bibracte, Ensérune, Gergovie, Glanum, Lattara, ou Vix… 

Quelques-uns de ces hauts lieux de mémoire. Mais d’autres « gisements », plus modestes et menacés par l’aménagement du territoire (constructions de routes, de centres commerciaux, d’immeubles...), livrent des résultats considérables, grâce à l’archéologie dite préventive. Ce sont là des centaines de sites explorés chaque année, autant de laboratoires de recherche à ciel ouvert et de « bibliothèques » inédites, qui peuvent nourrir la recherche. 

Une agriculture performante pour nourrir les villes naissantes

De nombreux indices plaident pour un développement de l’agriculture, et en particulier de la culture des céréales.La période gauloise voit même une artificialisation irréversible de la végétation: les études polliniques réalisées dans les sédiments archéologiques pointent un brusque recul de la proportion de pollens d’arbres, qui passe en moyenne de 70 % à moins de 40 %. C’est là le signe, pour la première fois, d’une réduction globale de la surface de nos forêts qui s’accompagne du démarrage d’une courbe ascendante continue des céréales et de leurs commensales. 

Probablement connue depuis le Néolithique, l’utilisation de l’araire se répand à l’âge du Fer. Dans notre histoire, la société gauloise est celle qui vit en premier le passage d’une économie en «mode de production domestique», strictement rurale et visant à l’autoconsommation, à une économie urbaine à «activités spécialisées» qui, paradoxalement, doit s’accompagner d’une intensification de la production agricole. 

Avec 

Dominique Garcia, professeur d’archéologie à l’Université Aix Marseille,  président de l'Inrap et il est l’auteur de Les Gaulois à l’œil nu, illustré par Jérémy Perrodeau au Cnrs Edition.

Véronique Matterne, archéobotaniste au laboratoire « Archéozoologie-Archéobotanique, sociétés, pratiques, environnements » au Muséum national d'Histoire naturelle et chargée de recherche au CNRS 

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