Dans sa Liste rouge mondiale des espèces menacées, l’UICN en recense plus de 30 000. On connaît surtout l’Éléphant, le Panda, l’Ours polaire, le Tigre, la Girafe, etc. mais qu’en est-il en France ?

La loutre
La loutre © Getty

Dans sa toute dernière Liste Rouge, l'UICN se réjouit du bon rétablissement du bison d'Europe  grâce aux «efforts de conservation» et c'est une très bonne nouvelle!  Cela n'empêche pas de penser qu'il y a encore quelques milliers d'espèces animales et végétales qui sont menacées de disparition dans le monde et en France et qu'il faut les protéger . 

L'UICN rassemble les organisations les plus influentes du monde et les plus grands experts dans un effort combiné pour conserver la nature et accélérer la transition vers le développement durable. Le Comité français de l’UICN est le réseau des organismes et des experts de l’UICN France. Grâce à cet état des lieux, on sait aujourd’hui qu’une espèce de mammifères sur quatre, un oiseau sur huit, plus d’un amphibien sur trois et un tiers des espèces de conifères sont menacés d’extinction mondiale. Elle constitue l’inventaire mondial le plus complet de l’état de conservation global des espèces végétales et animales. Elle s’appuie sur une série de critères précis pour évaluer le risque d’extinction de milliers d’espèces et de sous-espèces. Ces critères s’appliquent à toutes les espèces et à toutes les parties du monde. 

La Liste rouge des espèces menacées en France est réalisée par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN/SPN). Son élaboration repose sur la contribution d’un large réseau d’experts et associe les établissements et les associations qui disposent d’une expertise et de données fiables sur le statut de conservation des espèces. Cet état des lieux est fondé sur une solide base scientifique et élaboré à partir des meilleures connaissances disponibles. Etablie conformément aux critères internationaux de l’UICN, la Liste rouge nationale dresse un bilan objectif du degré de menace pesant sur les espèces en métropole et en outre-mer. Elle permet de déterminer le risque de disparition de notre territoire des espèces végétales et animales qui s’y reproduisent en milieu naturel ou qui y sont régulièrement présentes. A ce jour, plus de 2300 ont été identifiées en métropole et dans les outre-mer !  Et la France figure parmi les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces qui sont mondialement menacées. 

La flore en France ? menacée ! : 742 espèces de la flore de France métropolitaine sont menacées ou quasi menacées.  . En outremer on tourne  à 30 et 40 %  de la flore et c’est dramatique! Il y a une alerte sur les forets à Mayotte qui ont subi entre 2011 et 2016, un défrichement de 6,7 %, 1400 hectares de terres boisées ont disparu, amenant Mayotte à un taux de déforestation annuel de 1,2%, similaire à ceux de l’Argentine ou de l’Indonésie. Cette déforestation, contre toutes attentes, se situe principalement sur des parcelles en dehors des forêts publiques.  Ces chiffres font de et ils sont liés aux pratiques illégales de défrichage manuel, à la divagation des animaux domestiques, mais aussi et surtout aux brûlis à des fins agricoles. Ce phénomène, tout comme le braconnage des tortues marines, ne fait que s’aggraver depuis le confinement lié à la crise sanitaire du COVID-19, du fait de la diminution de la présence des agents sur le terrain. Concernant la flore réunionnaise, 30% des plantes vasculaires indigènes sont menacées. La faune aussi est menacée :  des discrets comme les papillons azurés menacés car leurs prairies sont menacées ou l’escargot de Corse, espèce endémique de Corse  qui vit sur les bandes littorales à côté d’Ajaccio. Il a fortement régressé et en danger critique d’extinction comme l’ours brun.  Les activités et pressions humaines sont  les menaces qui pèsent sur la faune et flore avec la destruction des milieux, la destruction des zones humides, l’urbanisation croissante, l'agriculture intensive, la surpêche, l' artificialisation des solla déforestation, les feux, les espèces exotiques invasives introduites volontairement ou involontairement, et aussi le changement climatique 

Pour les protéger il existe des programmes de conservation et de réintroduction . Le  moqueur gorge blanche en Martinique  est unique au monde ! Il ne vit que sur la presqu’ile de la Caravelle mais il est victime des rats et des mangoustes introduites sur l ile. Il n’arrive plus à se reproduire car dévoré par ces espèces invasives. Les associations locales  le protègent en organisant des piégeages pour éliminer les mangoustes. Pour Mayotte, des solutions restent néanmoins possibles comme l’augmentation de la surveillance, la clarification du code forestier ou encore la création de la « Réserve Naturelle Nationale des forêts de Mayotte » qui donne l’opportunité de construire une politique forestière robuste pour Mayotte, permettant de sensibiliser la population mahoraise à l’importance de la préservation des forêts notamment grâce au travail des associations mahoraises. Le CNPN a donné un avis sur cette situation et la création de cette réserve est prévue pour les prochains mois. Le vautour moine est revenu, introduit dans les Cévennes et dans les Alpes mais il est encore menacé. La loutre était très menacée, presque éliminée pour sa peau et parce qu’elle mangeait les poissons. Elle est en reconquête de territoire et grâce à la mobilisation de sa protection, la qualité des rivières s’améliore. Un PNA, plan national d’action, est  en cours pour assurer la reconstitution d'une population viable pour le saxifrage à œil-de-bouc. 

avec Florian Kirchner, Chargé de programme "Espèces" au Comité français de l’UICN

et Serge Müller, professeur de botanique au Muséum National d’Histoire Naturelle, responsable scientifique  de l’Herbier du MNHN et Président de la Commission de sauvegarde des espèces de l’UICN et président du Conseil national de la protection de la nature. 

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