Selon une étude publiée fin février dans la revue Nature Geoscience, le courant océanique qui traverse l’Atlantique et permet à l’Europe de bénéficier d’un climat doux en hiver, serait actuellement à son niveau le plus bas depuis un millénaire.

Le Gulf Stream est il en train de ralentir ? Ici, des images prises en 2016 par satellite et colorées représentant les températures des courants océaniques dont celui du Gulf Stream
Le Gulf Stream est il en train de ralentir ? Ici, des images prises en 2016 par satellite et colorées représentant les températures des courants océaniques dont celui du Gulf Stream © Maxppp / Media Drum World

Le courant océanique qui traverse l’Atlantique  permet à l’Europe de bénéficier d’un climat doux en hiver mais il  serait actuellement à son niveau le plus bas depuis un millénaire, selon une étude publiée fin février dans la revue Nature Geoscience. 

Le Gulf Stream est un courant océanique chaud s'écoulant d'est en ouest dans l'Atlantique nord. Il prend  naissance au niveau de la Floride et du golfe du Mexique. À partir de là, il longe les côtes américaines en direction du nord, avant de traverser l'Atlantique et de remonter le long du littoral européen, pour finalement se diluer au large des côtes groenlandaises.   Le Gulf Stream est une partie de la circulation méridienne de retournement atlantique (l'AMOC).   Des chercheurs irlandais, anglais et allemands ont étudié  la circulation méridienne de retournement atlantique (AMOC) et ont observé des indicateurs indirects comme la taille des grains dans les carottes de sédiments océaniques ou la composition des espèces de coraux, car ils se répartissent selon les différentes températures de l’eau.  « Nous avons vu que la circulation océanique est restée stable jusqu’à la fin du XIXe siècle, explique Stefan Rahmstorf. Avec la fin de la petite période glaciaire vers 1850, les courants océaniques ont commencé à diminuer, avant un deuxième déclin plus drastique à partir du milieu du XXe siècle. » Selon l’ensemble des données étudiées, le courant océanique aurait diminué d’environ 15 % depuis soixante-dix ans.

Les océanographes Juliette Mignot  de l'IRD  et Didier Swingedouw du CNRS restent prudents car il reste beaucoup d’incertitudes sur ce courant si complexe.  Certains modèles prédisent que d’ici à la fin du siècle, ce courant aura diminué de 20 %, tandis que d’autres avancent un chiffre de 80 %… Il y a un consensus pour dire qu’en réponse au changement climatique, dans le futur,  la circulation va diminuer à l’échelle d’un siècle,  mais de combien on ne sait pas... Il existe cette hypothèse du changement climatique, mais des cycles naturels pourraient également entrer en jeu. Les chercheurs travaillent sur des scenarii qui en fonction de l'évolution des émissions de GES donneront   des réponses différentes. Cette circulation  contribue à ventiler l’océan, avec ses eaux de surface plus riches en oxygène et ses eaux plus profondes plus riches en nutriments qui se mélangent.  C’est un échange qui donne la vie.  Si ça ralentit,  ça ventile moins, et ça peut impacter la chaine alimentaire. Avec ce ralentissement, on pourrait aussi observer des hivers plus rigoureux en Europe , et des sècheresses en Afrique de l'Ouest...

avec Juliette Mignot, océanographe  à l’IRD, membre du laboratoire LOCEAN, Laboratoire d’Océanographie et du Climat 

et Didier Swingedouw océanographe et  chercheur    au Laboratoire  EPOC, Environnements et Paléoenvironnements Océaniques et Continentaux du CNRS à Bordeaux

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