Les épandages de l'agent orange, un herbicide contenant de la dioxine, ont marqué le premier écocide historique, et ont eu de graves impacts sanitaires sur la population vietnamienne dont les jeunes générations subissent encore les conséquences.

L'agent orange, le poison de la guerre du Vietnam. Ici un avion en pleine pulvérisation, 1970
L'agent orange, le poison de la guerre du Vietnam. Ici un avion en pleine pulvérisation, 1970 © Getty / Dick Swanson / Contributeur

Un procès historique est instruit en France depuis mai 2014 au nom d’une victime française d’origine vietnamienne, Madame Tran To Nga défendue par le Cabinet William Bourdon & Associés contre 24 multinationales états-uniennes ayant fabriqué l’Agent Orange dont Monsanto et Dow Chemical. 

Le lundi 25 janvier 2021 auront lieu les plaidoiries. Il s’agirait là d’un procès historique si le jugement rendu était favorable à la victime.   

L’agent orange est un défoliant déversé par l’armée américaine de 1961 à 1971 pendant la guerre du Vietnam pour tuer la flore et mettre à nu les terres vietnamiennes qui abritent les indépendantistes. Cet agent orange contient de la dioxine qui va s’infiltrer et polluer durablement les sols et les eaux et impacter la santé des Hommes sur plusieurs générations. 83 millions de litres de défoliants ont été déversés durant la période d’épandage. 

La dioxine est un perturbateur endocrinien, elle s’attaque au système immunitaire, elle est cancérigène et tératogène.

L'agent orange est un mélange liposoluble contenant deux acides à parts égales, l’un étant le 2,4-D et l’autre le 2,4,5-T qui génère la dioxine TCDD qui est le plus puissant poison connu, un million de fois plus puissant que le plus fameux poison naturel.

Il doit son nom aux bandes de couleur orange peintes sur les barils dans lesquels il était stocké. Les autres produits chimiques dit “arc en ciel” sont les agents Blanc, Bleu, Rose, Vert et Pourpre.

2,1 à 4,8 millions de Vietnamiens ont été directement exposés aux herbicides entre 1961 et 1971, auxquels il faut ajouter des Cambodgiens, Laotiens, des militaires américains et des alliés australiens, canadiens, néo-zélandais...

C'est aussi la première fois qu'est employé le terme d'écocide. Le biologiste Arthur Galston, qui avait travaillé sur les herbicides en 43 et 44 dénonce notamment, lors de la Conférence sur la guerre et la responsabilité nationale à Washington en 1970, l’« écocide » en cours, utilisant ce terme pour la première fois.  

On en parle avec Valérie Cabanes juriste internationaliste, experte auprès de la Stop Ecocide Foundation, auteure d’Un nouveau Droit pour la Terre, pour en finir avec l’écocide (Seuil, 2016) et Présidente d’honneur de Notre Affaire à Tous, à l’initiative de l’Affaire du siècle.

Et André Bouny, fondateur de l’association caritative DEFI Viet Nam et du comité international de soutien aux victimes vietnamiennes de l’agent orange. Il est l’auteur de L’Agent Orange : Apocalypse Viêt Nam (éditions Demi-Lune) paru en juin 2010.  

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