La nature est au cœur de nos préoccupations sociales, écologiques et économiques. Frédéric Ducarme, philosophe de l'écologie au Muséum National d'Histoire Naturelle, s'est à cet égard interrogé sur sa définition dans plusieurs articles. Riche de son patrimoine étymologique, la nature se renouvelle au fil des époques.

Comment définier la nature ?
Comment définier la nature ? © Getty / James Osmond

Portrait d’un philosophe

Frédéric Ducarme est chercheur en philosophie de l’écologie au Muséum National d’Histoire Naturelle et titulaire d’une double thèse de doctorat en philosophie et écologie soutenue dans la même institution en 2016.

Aux côtés de certain.e.s penseur.euse.s actuel.le.s, il réfléchit sur la notion de « nature » depuis ses origines étymologiques jusqu’à ses problématiques contemporaines.

Qu’est-ce que la « nature » ?

C’est pourquoi Frédéric Ducarme est en 2020 le cosignataire de deux études fouillées, l’une publiée en janvier dans Nature humanities & social sciences et l’autre parue le 29 septembre dans Conservation Biology, toutes deux mettant au cœur de leurs instigations les enjeux philosophiques et scientifiques de la « nature ».

De prime abord, la « nature » est dépréciée comme concept tant du point de vue philosophique que scientifique, rappelle-t-il. Ses origines étymologiques déjà la placent dans une certaine mouvance et en multiplient les définitions. 

Au fil des époques et des cultures, la nature se rapproche des conceptions religieuses, notamment au cours du Moyen Âge et de la période de christianisation. Puis à la Renaissance, le terme et sa substance sont reconsidérés par le prisme des discours antiquisants. D’une nature comme « ensemble de la création », elle est aussi l’ « ensemble des forces physiques qui règlent le monde » et « une sorte de puissance abstraite du réel ». La nature se réinvente encore lors du siècle des Lumières où on tente toujours de lui trouver une définition dans la fameuse Encyclopédie – mais en vain ! La période romantique qui s’installe au XIXe siècle diffuse la nature dans les arts, les lettres et la vie politique. Et l'industrialisation naissante puis pérenne au XXe siècle renforce l’opposition entre « nature » et « culture ».

Dans ses diverses études, Frédéric Ducarme soulève l’utilisation courante de ce terme (à la 419e place dans notre langue, sur 60 000 vocables). Il élabore une définition en quatre angles pour suggérer plusieurs « approches de la nature », afin de prendre en considération la globalité du sujet.

De la valorisation des paysages naturels au concept de « wilderness » (ces zones naturelles étasuniennes vierges de toute activité humaine), la nature se décline en biodiversité, écosystème, biosphère… Une nature qui se métamorphose au contact de l’Anthropocène et de l’ « écologie de la réconciliation ».

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