On ne compte plus les conséquences catastrophiques de l'industrie de la mode sur l'environnement : consommatrice d'eau, produits toxiques dans les nappes phréatiques... Le modèle économique au rythme effréné de la fast-fashion est à l'origine de colossaux dégâts environnementaux et humains.

L'industrie de la mode, l'ère délétère de la fast-fashion et son empreinte carbone
L'industrie de la mode, l'ère délétère de la fast-fashion et son empreinte carbone © Getty / smartboy10

L’industrie textile rejette chaque année 1,2 milliard de tonnes de gaz à effets de serre. 

En l’espace de quinze ans, la consommation occidentale de vêtements a augmenté de 60 %, alors que nous les conservons deux fois moins longtemps.

Aujourd’hui, environ 60 millions de personnes travaillent dans le secteur du textile, de l'habillement et de la chaussure dans le monde.

L’historienne dresse un portrait au vitriol de l'industrie de la mode, qui s’apparente à la lecture du livre à une industrie bien plus macabre qu’enchanteresse. De l’ouvrière qui fabrique les vêtements à un rythme effréné, très mal payée à l’ouvrier qui colorise les tissus en employant des produits toxiques en s’auto-empoisonnant, jusqu’à la maigreur des mannequins, l’industrie de la mode est bien loin des strass des podiums. En cause notamment, le modèle économique de la fast fashion, cette mode rapide qui nous permet de retrouver, quasiment toutes les deux semaines, une nouvelle collection dans les magasins de vêtements.

Qu'appelle-t-on la fast-fashion ou "mode rapide" ? 

C’est la grande distribution appliquée à la mode et cela nous pousse à acheter toujours plus. C'est l’obsolescence programmée dans la mode" - Nayla Ajaltouni du collectif Ethique sur l'Etiquette

La fast fashion est définie par des vêtements jetables et bon marché auquel s'ajoute des changements de tendances très fréquents. 

"Pour obtenir des prix bas, une réduction des coûts de production est nécessaire. Les conséquences sont nombreuses : pollutions industrielles, troubles sociaux, dommages sur la santé humaine..." écrit Audrey Millet dans Le livre noir de la mode.

Le collectif Ethique sur l'éthique s'est notamment fait connaître en 2007 pour avoir alerté sur le sablage des jeans en Turquie qui déclenche la silicose chez les ouvriers. Le collectif fait remonter les informations de luttes locales des syndicats des pays textiles, il vise le modèle économique du secteur mondial de l’habillement qui est amené à changer pour mettre fin aux violations des droits humains et au désastre environnemental auquel participe l'industrie de la mode. Il participe à informer sur le devoir de vigilance, qui sera bientôt voté au Parlement européen, et qui vise à responsabiliser les multinationales sur toute leur chaîne de production.  

On en parle avec Audrey Millet, historienne de l’économie et société et spécialiste en éco-système de la mode autrice du Livre noir de la mode, création, production, manipulation Edition Les Pérégrines et Nayla Ajaltouni, coordinatrice du collectif Ethique sur l’Etiquette.

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