Certaines pandémies sont d’origine animale mais il existe aussi un autre facteur de pandémies. Tout aussi important, c’est notre système de production de viandes crée des pathologies, comme la maladie de la vache folle ou la peste porcine, chez les animaux élevés dans des fermes usines.

Les fermes usines sont des nids à pandémies. Les pandémies sont  certes d’origine animale mais il existe aussi un autre facteur de pandémies,  tout aussi important, c’est notre système de production de viandes qui a créé des monstres comme la maladie de la vache folle, H5N1, H1N1, Nipah, oreilles bleues, peste porcine. Ces pathologies,  ces virus se transmettent  chez des  animaux élevés et concentrés dans des fermes usines. 

« Pandémies, une production industrielle »  Ed Seuil /Reporterre" de la journaliste Lucile Leclair est une enquête réalisée entre avril et juillet 2020 autour de l' industrie de la viande, des fermes usines, des conditions d'élevage des animaux concentrés et des risques sanitaires engendrés par ce système d'élevage industrialisé. Elle a rencontré  Claude qui est éleveur de poulets.  Dans sa ferme-usine,   chaque volatile dispose d’une espace équivalent à une feuille  A 4 et est nourri par des distributeurs automatiques. Un poulet d’élevage vit entre 35 et 40 jours, 4 fois moins longtemps qu’en 1950.

Depuis la deuxième guerre mondiale, ces épidémies sont en hausse avec la mise en place d'une industrialisation massive et mondiale de l’élevage. Dans le contexte de l’essor exceptionnel de l’industrie de la viande,  des écosystèmes agro-industriels avec des normes de « biosécurité » se sont adaptées à l’industrie. Les fermes usines sont le fruit d'une révolution de l’élevage qui a bouleversé et transformé les fermes et les campagnes. En 2020, 80% des animaux en France sont élevés dans un système intensif. Mais ces changements agricoles ont aussi accéléré la diffusion des virus et des pathologies. 

L’industrie agricole a créé un nid douillet pour les pathogènes. Dans les élevages intensifs,  le Ro ou taux de transmission de base  est plus élevé : la contagion s’accélère et la mutation des virus aussi et aussi peuvent se recombiner. Les animaux compactés avec moins de défenses immunitaires, sont plus stressés, moins d’anticorps dans le sang et cela favorise l’expansion d’un virus contrairement à un milieu riche en espèces. Les microbes à l’origine des épidémies sont plus ou moins virulents mais aussi les aliments qui peuvent être à l’origine des contaminations. Dans cette industrie, à force de réduire les coûts,  on en arrive à des maladies comme la vache folle. Le vétérinaire et épidémiologiste, François Moutou ,  auteur du livre  « Des épidémies des animaux et des hommes » Ed le Pommier, dénonce une histoire  étonnante de rentabilité. Pour faire des économies , la température de cuisson et la  préparation des farines animales ont été modifiées . La farine animale mangée par les vaches en sera  infectée par  un agent infectieux le prion. Un million de vaches seront abattues Outre-Manche. Cet agent infectieux saute la barrière des espèces en passant de la vache à l’homme et fera quelques centaines de victimes humaines.

L’agro-industrie  et  la biosécurité.  La FAO propose pour tenter de contrôler les maladies  un Guide de bonnes pratiques, le classement de fermes,  selon leur résistance supposée au virus, sauf que le risque zéro n’existe pas. Une ferme bio sécurisée reste un lieu de production de vie car en permanence en lien avec l’extérieur. Est ce que l'agro écologie  peut-elle mettre fin à la circulation sans limite des virus ?

avec Lucile Leclair, journaliste et  auteure de « Pandémies, une production industrielle »  Ed Seuil /Reporterre

et Francois Moutou,  docteur vétérinaire, épidémiologiste et auteur de « Des épidémies des animaux et des hommes » Ed le Pommier (avec remise à jour)

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