Les glaciers méritent une attention particulière en climatologie, car ce sont des indicateurs remarquables des changements climatiques .

Les glaciers sentinelles du climat
Les glaciers sentinelles du climat © Getty / Hiroshi Watanabe

Les glaciers de montagne  sont ils des indicateurs du changement climatique?  Ils s’avèrent être de très bons indicateurs climatiques. En effet, ils permettent d’avoir une idée globale des variations du climat à l’échelle de la planète dans les régions de haute montagne. Néanmoins, leur sensibilité peut être très différente suivant les régions et il est fondamental d’étudier en détail leurs réponses aux conditions climatiques avant d’en tirer de fermes conclusions sur les variations climatiques qui sont la cause de leurs fluctuations

Comment vont les glaciers des Alpes ? 

Les deux plus grands « géants blancs » des Alpes françaises, la mer de Glace et le glacier de l’Argentière, dans le massif du Mont-Blanc, risquent de s’effacer purement et simplement du paysage d’ici à la fin du siècle. C’est ce que montre une étude publiée dans  la revue La Météorologie, éditée par la Société française de la météorologie et du climat et Chistian Vincent ingénieur de recherche à l’Institut des géosciences de l’environnement de Grenoble et premier signataire de l’étude, à laquelle ont contribué le Laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales de Toulouse et le Centre d’études de la neige de Grenoble. Des modélisations ont été réalisées sur les deux plus grands glaciers des Alpes françaises afin d’estimer leur évolution au cours du XXIe siècle.  Pour un scénario climatique intermédiaire avec réduction des émissions de gaz à effet de serre avant la fin du XXIe siècle (RCP 4.5), les simulations indiquent que le glacier d’Argentière devrait disparaître vers la fin du XXIe siècle et que la surface de la Mer de Glace pourrait diminuer de 80 %. Dans l’hypothèse la plus pessimiste d’une croissance ininterrompue des émissions de gaz à effet de serre (RCP 8.5), la Mer de Glace pourrait disparaître avant 2100 et le glacier d’Argentière une vingtaine d’années plus tôt.

Les glaciologues s’intéressent aussi aux nombreux « glaciers noirs » himalayens couverts de débris morainiques

Comme chaque automne depuis 2007, l’expédition conjointe France-Népal dans la région de l’Everest de l’équipe du glaciologue Patrick Wagnon, s’est rendue sur les trois glaciers Mera, Changkri Nup et Pokalde pour effectuer les mesures annuelles  afin d’étudier le bilan de masse de trois glaciers. Cette campagne de terrain est un projet conjoint entre des partenaires français (Institut de Recherche pour le Développement / Institut des Géosciences de l’Environnement) et népalais (Tribhuvan University / International Center for Integrated Mountain Development). Les « glaciers noirs » couverts de débris morainiques révèlent certaines de leurs spécificités et de leurs vulnérabilités. Ils représentent ainsi 10 à 15 % des surfaces glaciaires en Asie et jusqu’à 25 % dans la partie sud-est de l’Himalaya. Les fragments rocheux qui les tapissent, proviennent de chutes et de glissements de terrain. Cette couverture détritique a une grande influence sur leur dynamique et contribue à ralentir la fonte de la glace. Mais sur ce genre de glacier noir où la surface couverte de débris est très hétérogène, la fonte n’est pas uniforme et des falaises de glace, ou des lacs de surface sont des zones où la fonte est accentuée. 

avec Patrick Wagnon, glaciologue à l’IRD, guide de haute montagne et himalayiste,  spécialiste des glaciers himalayens

et Christian Vincent glaciologue au CNRS, spécialiste des glaciers alpins, 

Christian Vincent et Patrick Wagnon travaillent tous les deux à L’Institut des géosciences de l’environnement à de l’université de Grenoble et du Cnrs à Grenoble 

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