La paléoanthropologie apporte la preuve du métissage entre les différentes humanités du passé grâce aux fossiles mais aussi grâce à l’ADN. Mathieu Vidard, dans "La Terre au Carré", nous propose de réécouter une émission diffusée le 10 novembre 2020, avec la paléoanthropologue, Isabelle Crèvecœur.

Cette photo prise le 14 juin 2015 montre un fragment osseux de 'Denisova 11', preuve de métissage d'un Néandertalien et d'un Denisovan, découvert en 2012 dans la la grotte de Denisova en Sibérie.
Cette photo prise le 14 juin 2015 montre un fragment osseux de 'Denisova 11', preuve de métissage d'un Néandertalien et d'un Denisovan, découvert en 2012 dans la la grotte de Denisova en Sibérie. © AFP / IAN CARTWRIGHT/UNIVERSITY OF OXFORD/Max Planck Institute

Des unions entre hommes modernes et femmes néandertaliennes, des rapprochements entre les Dénisoviens et les Humains modernes, des mouvements de populations, des fossiles et des analyses génétiques démontrent que des rencontres - et plus si affinités - ont bien eu lieu par le passé. Des études publiées récemment apportent la preuve de ces métissages.

L'invitée

Isabelle Crèvecoeur est paléoanthropologue, spécialisée sur les périodes récentes de la préhistoire en Afrique et en Europe. 

Chercheure au CNRS, affiliée au laboratoire PACEA de l'Université de Bordeaux, elle travaille sur la diversité passée des hommes modernes en Afrique, mais aussi sur la variabilité biologique et comportementale des Néandertaliens.

Des unions entre Homo Sapiens et Néandertaliens 

Des unions entre Homo Sapiens et Néandertaliens mais aussi la véritable "épopée" du chromosome Y.

Il y a 150 000 à 300 000 ans, des unions entre des hommes modernes et des femmes néandertaliennes auraient conduit au remplacement du chromosome sexuel mâle néandertalien par celui de sapiens. On savait déjà , en 2010, qu’il y avait rencontre, entre 40 000 et 60 000 ans, car des traces de 1%   à 4% de notre ADN sont héritées de Néandertal, qui lui a disparu il y a 30 000 ans.

Un morceau de phalange

Un morceau de phalange rapproche plus les Dénisoviens des humains modernes que des Néandertaliens. Ce morceau de phalange provient de la grotte de Denisova en Sibérie ; il contient un ADN exceptionnellement préservé, qui a permis d'obtenir , en 2010, la séquence de son génome et a mis en évidence une population humaine inconnue jusque là : les Dénisoviens, proches des Néandertaliens. 

L'analyse et l'étude morphométrique d'un fragment de phalange, qui a permis de déchiffrer le génome Dénisovien, a montré que la phalange est très proche de celles de l'humain moderne et plus éloignée de celle d'un Néandertalien.

L’Europe n'est que mixité ! 

L'histoire génétique des Européens est en partie dévoilée grâce à une étude génétique de grande ampleur sur l’ADN européen ancien. Les scientifiques ont séquencé le génome complet de 51 humains ayant vécu entre - 45 000  et - 7000 et ils ont démontré que jusque vers -14 000, tous les européens étaient issus de la même population fondatrice elle même divisée en deux branches distinctes

Cette étude montre aussi que différentes branches de cette population fondatrice ont contribué à l'ADN des Européens actuels. Elle montre également une diminution de 6 à 2% de la composante néandertalienne dans le génome des premiers européens, une diminution qui résulterait d’un processus de sélection négative vis-à-vis de cet ADN.

(Cette émission est une nouvelle diffusion de celle du 10/11/2020)

L'équipe