Un rapport du groupe de réflexion sur la transition énergétique "The Shift Project", propose un ensemble de mesures pour réduire l'empreinte carbone de nos voyages longue distance.

Longs voyages : comment réduire son empreinte carbone ?
Longs voyages : comment réduire son empreinte carbone ? © Getty / Taro Hama @ e-kamakura

Vols professionnels en classe affaire, voyages touristiques au bout du monde... Qui dit longs voyages dit lourde empreinte carbone. Et si la flygskam, cette "honte de prendre l'avion", a pris de l'ampleur depuis 2018, compter sur une évolution spontanée des comportements individuels ne suffira pas.

Alors que faire ? C'est à cette question que tente de répondre le think tank "The Shift Project", dans son dernier rapport, consacré à la décarbonation de nos voyages longue distance. L'objectif de l'association est de proposer une trajectoire visant la neutralité carbone à l'horizon de 2050.

Il faut dire que la situation est critique. Chaque résident français réalise en moyenne 6,3 longs voyages (plus de 80 kilomètres à vol d'oiseau) chaque année, soit un total de 7620 kilomètres par personne. Et nos mobilités sont aujourd'hui extrêmement dépendantes du pétrole, et donc de contraintes géologiques et géopolitiques — ce que vient douloureusement nous rappeler la guerre en Ukraine. Et si l'électrification des voitures est vue comme une issue de secours, les experts nous rappellent que le véritable objectif doit être celui de la sobriété, alors que la production d'électricité en 2050 ne sera pas illimitée.

Priorité doit donc être donnée, selon les auteurs du rapport, à l'efficacité énergétique et à la sobriété.

Parmi les préconisations du rapport, l'accent est mis sur le train, avec le développement des lignes à grande vitesse et des trains de nuits, la mise en place de tarifs sociaux incitatifs, et la mise en place d'une nouvelle offre touristique pour un voyage plus résilient. Mais quelles mesures mettre en place pour ne pas seulement pénaliser les ménages les moins favorisés ? Faut-il définitivement arrêter de voyager à l'autre bout du monde ? Le train et ses contraintes peuvent-ils rivaliser face aux compagnies aériennes low cost ?

Pour en parler :

  • Béatrice Jarrige, cheffe de projet “Mobilités Longue distance” pour The Shift Project, économiste et spécialiste du ferroviaire.
  • Charles Collet, doctorant au Centre international de recherche sur l'environnement et le développement (CIRED), spécialiste des politiques publiques pour la maîtrise de la demande du trafic aérien.

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Extraits de l'entretien

L’avion, une petite partie de nos déplacements mais responsable d’un tiers des émissions de carbone sur les grandes distances

Béatrice Jarrige, cheffe de projet “Mobilités Longue distance” explique : "D’après une enquête sur les mobilités faite jute avant confinement « en termes de voyageurs kilomètres, le flux se répartit très équitablement entre l’avion et la voiture qui sont les deux gros modes de transport. La voiture représente beaucoup de déplacements d'une portée relativement courte, alors que l'avion concerne très peu de déplacements par personne, et énormément de kilomètres.

Mais 2% des voyages sont des voyages longs courriers aériens mais représentent environ un tiers des émissions de carbone de la mobilité à longue distance (voyage longue distance : à partir de 80 kilomètres). »

Ceux qui polluent le plus : les plus riches

Béatrice Jarrige précise : « Les Français effectuent en moyenne 6,3 voyages à longue distance par an, soit environ un tous les deux mois. Quand vous appartenez au 10% des ménages qui ont le plus de revenus, vous vous déplacez quatre fois plus pour motif personnel que les ménages qui gagnent moins.

Pour la mobilité professionnelle, c'est encore plus contrasté : les mobilités des personnes aux plus forts revenus, c'est 15 fois celle des personnes qui en ont moins.

Il y a 5% des Français qui font 40% des voyageurs/km. »

Voiture VS avion

Pour Charles Collet doctorant au Centre international de recherche sur l'environnement et le développement (CIRED) : « L'aérien représente 9,4% de nos déplacements, la voiture et l’autocar 72%. Au niveau mondial, l'aérien représente entre 2% et 3% le chiffre qui fait consensus 2,5% sur l'ensemble des émissions de CO2, au niveau européen 4%, et en France 5%. On parle tout le temps émissions de CO2 du secteur aérien. Mais il produit aussi des effets de réchauffement comme des gaz à effet de serre, des oxydes d'azote (NOx) qui créent de l’ozone, des effets des trainées de condensations… »

Des avancées technologiques pour limiter les pollutions mais il va falloir réduire nos déplacements en avions pour décarbonner

Pour Béatrice Jarrige : « Biocarburants, hydrogène… Les perspectives technologiques ne seront pas suffisantes pour arriver à diminuer ses émissions de pollution. D’ailleurs chacune de ces technologies nouvelles pose de nouvelles problématiques. Si on ne réduit pas ces déplacements en avion, il faudra réduire drastiquement d’autres transports. »

Et aussi :

  • Privilégier transports alternatifs, le train en particulier : il faut multiplier par trois le nombre de voyages faits en train. Pour cela, il faut réfléchir aux prix. Car sur certains trajets, même les personnes dotées d’une conscience écologique hésitent à le prendre. Mieux communiquer sur le train, et sur la sobriété en général.

  • La voiture : passer à l’électrique. Il faut aussi qu'elle soit légère et qu'elle ne consomme pas trop.

  • Réduire la vitesse

La suite est à écouter....

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