Nous vivons une crise sans précédent du lien entre l’homme et la nature. Déforestation, agriculture intensive, pillage des ressources, effondrement de la biodiversité ont brisé le contrat que nous avions peu à peu élaboré avec les plantes et les animaux qui nourrissent nos estomacs et nos imaginaires.

Forêt équatoriale
Forêt équatoriale © Getty / Wolfgang Kaehler

La nature est en danger. Pour autant, derrière les fameuses images de déforestation de la forêt amazonienne et d’ours blanc dérivant sur la banquise, l’idée même que nous nous faisons de la nature est obsolète. Certes, la forêt est victime de la cupidité́ humaine, et l’ours du réchauffement climatique que notre révolution industrielle a provoqué, mais il serait absurde d’opposer l’homme industrieux et cynique à la nature vierge. Cette dernière est un mythe, Homo erectus l’ayant dès l’origine modelée à sa convenance, et l’homme sait bien qu’il ne doit sa survie qu’à une alimentation riche et variée — ce qu’on appelle la biodiversité.

Pour le montrer, Serge Bahuchet nous entraîne dans un voyage aux sources des pratiques agricoles et culinaires, des espèces de pommes de terre péruviennes à la chasse au porc-épic chez les Pygmées, de la domestication de la carpe aux propriétés bactéricides du piment, des civilisations du vin et de celles de la bière à ces grands défricheurs des forêts que furent les moines cisterciens et bouddhistes.

Cette « anthropologie de la vie quotidienne » éclaire puissamment nos modes de vie ordinaires, révélant le complexe écheveau d’interdépendances qui le sous-tend et lie étroitement nos problèmes d’Occidentaux à ceux des autres peuples, singulièrement aux deux-tiers dont l’ordinaire est notoirement insuffisant. Sauver la forêt amazonienne, c’est aussi oeuvrer pour la justice sociale. Mieux manger, et favoriser la biodiversité, c’est aussi favoriser les progrès de la démocratie. La nature sera ce que nous voulons en faire.

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