Le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche a demandé à Jean-Pierre Alix, du CNRS, d'établir un diagnostic sur l'« intégrité scientifique », et de proposer des remèdes. Une récente enquête sur le plagiat a révélé, sur les 7 millions d'articles les plus cités de la base documentaire médicale Medline, 70 000 cas (soit 1 %) de "haute ressemblance" détectée par un moteur de recherche spécialisé. Une autre étude américaine, publiée en 2005 par la revue Nature, donne à penser que les manquements à l'éthique sont de beaucoup plus grande ampleur. Sur près de 8 000 chercheurs du secteur biomédical questionnés sous le sceau de l'anonymat, pas moins de 33 % de ceux qui ont répondu ont confessé un comportement coupable au cours des trois années précédentes. La palette est large : données falsifiées (0,3 %), appartenance non signalée à une entreprise (0,3 %), pillage d'idées (1,4 %), rapports critiquables avec des étudiants ou des clients (1,4 %), usage d'informations confidentielles (1,7 %), omission de résultats contradictoires (6 %), modification de résultats à la demande d'un bailleur de fonds (15,5 %)... Les fautes avouées, précise l'étude, sont plus nombreuses en milieu qu'en début de carrière (38 % contre 28 %), peut-être parce que les occasions de fraude sont plus fréquentes et le sentiment d'impunité plus assuré. "Publier, valoriser, communiquer", telles sont les trois pressions qui poussent les chercheurs à sortir du droit chemin. Avec des conséquences d'autant plus graves qu'il n'y va pas seulement de la crédibilité de la science, mais aussi, parfois, d'applications industrielles

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