Les serpents sont partout et sont de bons indicateurs de la biodiversité. Ils vivent sous presque toutes les latitudes mais ne sont jamais mis en valeur. Cherchons plutôt à les protéger car les populations de serpents déclinent !

Serpent victime des roues de voiture
Serpent victime des roues de voiture © Getty / harpazo_hope Créatif - n° :

Les serpents sont victimes de préjugés et de  stéréotypes négatifs  qui déclenchent des réflexes destructeurs. Ils  sont décrits comme des animaux froids, gluants, sournois agressifs brutaux mais  aussi comme dotés de timidité, fragiles. Pourtant ils sont aussi porteurs de symboles positifs : le lien mythologique le plus répandu entre la femme et le serpent est celui de la création de l’humanité, voire du monde.  

Le serpent  représente l'eau et la terre, l’eau qui courre et circule et qui fertilise la terre. L'onde serpente et le serpent ondule. L’écologie, la biologie et le bon sens apportent des fondements solides à l’existence d’une forte relation entre l’eau et le serpent. Le serpent est associé à la pluie dans les mythes fondateurs  de l’humanité liés aux serpents  en Afrique, Australie, Chine, Nouvelles Calédonie… Le serpent est aussi porteur et déclencheur de pluie et d’orage,  ancêtre de l’humanité… il est respecté comme les cobras ou les serpents à sonnette adorés en Asie. Vishnou, un des grands dieux de l’Inde se repose sur Sesha, un cobra avec 1000 têtes  et le cobra Muchalinda a protégé Bouddha d’un déluge. Les temples du site archéologique d’Angkor, organisés sur un ensemble de bassins reliés au Mékong dont les ponts  et les voies en pierre;  sont bordés de « nagas »  (serpent en sanskrit) sculptés, des entités créatrices.  Le peuple Khmer est issu de l’union d’une princesse fille du roi des nagas avec un brahmane. Mais c’est dans l’Egypte ancienne que le culte ophidien a atteint son apogée. Le Nil étant le plus grand serpent du monde  avec des déesses cobra comme Ouadjet qui protège les cultures et apporte l’eau.

La phobie des serpents, comment l'expliquer ? 

La tendance générale au sujet de la phobie des serpents est que la peur violente qu’ils inspirent  et qui se manifeste de façon irrationnelle serait l’écho de notre instinct de survie  avec une hantise qui serait codée dans notre patrimoine génétique, réminiscence d’une époque où nos lointains  ancêtres allaient pieds nus, avec une aversion vis-à-vis des ophidiens qui provoquent la fuite. C'est, selon Xavier Bonnet, une vision pas fondée : voir les mythes avec  des serpents qui ne sont pas seulement détestés mais aimés et il n'existe pas de preuve génétique chez l’homme.

Cherchons plutôt à les protéger car les populations de serpents déclinent  et réconcilions nous avec ces animaux. En France les premières causes de la perte de la biodiversité globale et de la disparition des serpents sont la destruction et la pollution des habitats, du remembrement excessif des milieux bocagers,  et de l'acharnement contre les haies.

Avec : 

  • Xavier Bonnet, herpétologue, spécialiste des serpents et des tortues et chercheur au CNRS/CEBC (Centre d’études biologiques de Chizé) et auteur du livre Mordus de serpents
  • Maxime Briola, pour Regard du Vivant
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