Lettre de Mathieu Vidard à l'astrophysicien André Brahic :

André Brahic
André Brahic © Radio France

André, vous étiez un homme totalement à part. Un extra terrestre. Un être singulier rempli d'une énergie et d'une joie de vivre qui laissaient totalement éberlué celui qui vous rencontrait pour la première fois.

A votre contact, la vie devenait soudainement extrêmement légère et joyeuse. Votre optimisme était contagieux et votre érudition pleine de gaité, nous donnait l'impression d'être instantanément plus intelligent.

Vous étiez un homme a ressort branché sur le 220 Volt et qui semblait ne jamais avoir de baisse de régime.

Je garde le souvenir de votre voix veloutée au micro, de votre débit mitraillette qui laissait parfois les auditeurs KO, de vos formules hilarantes qui nous faisaient tous rire dans le studio et en régie. Je garde le souvenir de votre extrême gentillesse. André vous étiez d'une tendresse infinie et d'une humanité rare. Votre œil charmeur frisait en permanence.

Vous aviez un regard aiguisé sur le monde et des solutions pour résoudre tous les problèmes de la planète. On aurait dû vous nommer Ministre du bonheur. Vous en aviez l'étoffe. Vous auriez insufflé à notre société l'espoir et la force qui lui manque parfois. Quel dommage que personne n'ait eu l'audace de vous donner une telle place.

Mais peu importe. Vous avez su toucher le grand public directement en allant sans cesse à sa rencontre. Vos conférences étaient des performances dignes d'un show-man. Vous aviez le stand up dans la peau et vous maîtrisiez parfaitement les codes du spectacle. Vous nous avez appris le cosmos sans jamais nous barber. Votre curiosité devenait la notre. Votre passion nous régalait. Et votre émerveillement d'enfant pouvait aussi se lire dans nos yeux. On était des mômes avec vous. On avait le droit de faire le pitre car vous aimiez les cancres.

André lorsque vous êtes venu il y quelques semaines à la radio, nous avions trouvé le prétexte de cette "9 ème planète" du système pour vous inviter. Peu importait le sujet de l'émission, nous avions besoin de vous voir, de vous écouter, de nous remplir de votre énergie. Vous aviez fait l'effort de faire cette émission malgré votre extrême fatigue. Votre maladie était sérieuse mais vous gardiez toujours cette force et ce sourire. Vous aviez la politesse de ceux qui ne se plaignent jamais.

Cher André, vous m'avez inspiré. Vous m'avez montré ce que pouvait être un Homme de qualité. Je ne l'oublierai jamais. Je ne vous oublierai jamais. On se croisera sans doute un jour au milieu des étoiles. Vous m'emmènerez peut être jouer avec vous sur les anneaux de Neptune. Et on se dira qu'on a eu la chance de vivre en France dans un pays où l'on parlait de liberté, d'égalité et de fraternité.

André, pour la première fois aujourd'hui, vous ne me faites pas rigoler. C'est con parfois la vie. Ca vous enlève sans crier gare, les plus belles choses du monde.

Dès ce soir, si la nuit est claire, j'aurai les yeux braqués vers les étoiles. Je sais que l'une d'entre elles brillera pour vous.

Salut André Brahic, soyez heureux là haut dans le ciel. Je pense à vous.

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