Nos critiques Grégoire Leménager (Le Figaro) et Nicolas Ungemuth (l'Obs) débattent du dernier film de Casey Affleck, "Light of my Life", sorti en salles mercredi. On découvre, aussi, leurs coups de cœur littéraires et musicaux de la semaine.

"Light of my life"  un film de et avec Casey Affleck  et Anna Pniowsky
"Light of my life" un film de et avec Casey Affleck et Anna Pniowsky © Universum Film

Le débat des critiques : le film "Light of my Life"

Le nouveau film de l'acteur et réalisateur américain, Casey Affleck, Light of my Life, n'est pas sans rappeler La Route de Viggo Mortensen. Dans ce long-métrage, sorti en salles le 12 août dernier, on découvre un monde dans lequel toutes les femmes ont été tuées par un virus - seule une jeune fille survit, cachée de la violence post-apocalyptique par son père. 

Pour Grégoire Leménager, c'est un film "contemplatif, il ne se passe pas grand chose dans le film, qui dure deux heures", c'est "assez déroutant". "Les images sont très belles néanmoins, mais il y a un curieux mélange de minimalisme et d'austérité et d'emphase, un peu mélo à l'américaine, avec un côté un peu bavard quand même, et un peu répétitif". 

Nicolas Ungemuth reconnaît que "c'est un tempo très lent, qui prend son temps, il faut accepter ça, et (...) c'est un parti pris je trouve assez courageux". "Moi j'ai beaucoup aimé, c'est un premier film, je trouve ça assez stupéfiant (...). C'est bien filmé, et la photo est magnifique". En matière de thématique, "en dehors de cette histoire d'anticipation, c'est aussi un film sur l'amour d'un père pour sa fille", et le jeu de Casey Affleck - "très très bon" - dégage pour lui "une tendresse, et en même temps une fermeté". 

Divergence de point de vue donc, mais pour Grégoire Leménager, "il faut aller dans les cinémas : un film comme celui-là mérite plus de spectateurs que cela, c'est sûr".

Les coups de cœur de la semaine

  • ROMAN : Célia Levy, La Tannerie

Coup de coeur de Grégoire Leménager, le livre est "en réalité une réécriture de l'Education Sentimentale de Flaubert du début à la fin, avec le même jeu de distance, de style indirect libre, d'ironie", mais aussi "une vraie tendresse pour ses personnages". L'ouvrage dépeint "la loi de la grande ville contemporaine, qui est la loi de l'absolue solitude des êtres, qui sont chacun enfermés dans leur bulle". 

  • ALBUM : Fontaines D.C, Hero's Death

"Le rock se recycle, ce qui n'est pas un très bon indicateur de son état de santé", juge Nicolas Ungemuth. Pour ce deuxième album, le groupe dublinois montre qu'il est "manifestement fasciné par le post-punk". "Quand on a autant de références, c'est compliqué de faire neuf, et les Fontaines D.C n'inventent rien, mais il y a une tension sur ce disque qui est assez jubilatoire : bon, c'est pas le chef-d'oeuvre du siècle, mais ça reste un très bon disque de rock".

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