Cette semaine, Amélie Perrier reçoit nos critiques Guénaëlle Le Solleu (L’Eléphant) et David Caviglioli (L’Obs) pour parler de l’exposition évènement Damien Hirst, Cerisiers en Fleurs, qui se tient en ce moment à la Fondation Cartier.

Il s’agit de la première exposition dans une institution française de l’artiste britannique de 56 ans. Pendant 3 ans, il a travaillé à la réalisation de 107 peintures dont 30 sont présentées à la Fondation Cartier. Sur les toiles exposées, pour la plupart monumentales, des points de peinture à l’huile sur des fonds bleus représentent des cerisiers en fleurs. 

Guénaëlle Le Solleu a beaucoup apprécié l’exposition qui lui rappelle Les Nymphéas de Claude Monet dans la salle de l’Orangerie. Selon elle, l’effet créé est similaire : « On pourrait penser que c’est toujours le même tableau. ». David Caviglioli est loin d’être du même avis. Pour lui, il y a un vrai problème de couleur chez Damien Hirst, notamment les verts. Cela lui rappelle les tableaux végétalisés de Klimt, exception faite qu’ « Il n’y a pas de perspective. Il y a juste des points, des points. (…) Il n’y a pas d’idée. ».

Guénaëlle Le Solleu constate, au contraire, qu’il y a une évolution, de l’abstrait vers quelque chose de plus figuratif. Connu pour ses expositions conceptuelles et provocatrices dans lesquelles il  présente des animaux coupés en deux dans du formol, Damien Hirst a, en parallèle, ses « moments de mauvaise peinture » selon David Caviglioli. A ce sujet, il cite l’artiste qui dans les années 90 disait : 

J’ai hâte de pouvoir faire du mauvais art et de m’en tirer. Pour le moment, si je fais certaines choses, les gens me diraient d’aller me faire foutre mais au bout d’un moment vous pouvez vous en tirer.

Vous avez jusqu’au 2 janvier 2022 pour aller vous faire votre propre avis à la Fondation Cartier. 

Les coups de cœur de la semaine 

  • Exposition : Alberto Giacometti. « Une rétrospective. Le réel et le merveilleux. » au Grimaldi Forum à Monaco

David Caviglioli conseille cette rétrospective très émouvante qui retrace toute la vie de l’artiste, depuis ses débuts sous la houlette de son père peintre impressionniste, son passage par le surréalisme, son divorce avec Breton jusqu’à son travail de plus en plus obsessionnel sur la figure et le visage. Dans cette exposition, les commissaires ont rapproché la sculpture de Giacometti des paysages de son enfance dans les Grisons en Suisse. 

  • Livre : L’Atlas de Tadao Andō de Philippe Séclier édité chez Xavier Barral

Dans ce livre, Philippe Séclier répertorie 100 réalisations dans le monde entier de l’architecte qui a rénové la Bourse de Paris. 

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