Gros plan sur une prouesse technique qui permet d'en apprendre davantage sur le brassage des populations dans l'Egypte ancienne.

Quand des chercheurs se penchent sur l'ADN de momies égyptiennes
Quand des chercheurs se penchent sur l'ADN de momies égyptiennes © Getty / Zens photo

Pour la première fois des chercheurs ont analysé l'ADN de dizaines d’Egyptiens momifiés. Jusque-là, les momies délivraient de nombreuses informations, liées notamment à leur morphologie. Toutefois, extraire leur ADN s'avérait peu concluant, en raison des produits d'embaumement et autres produits chimiques des musées, mais aussi des risques de contaminations par les chercheurs, de sorte qu'on ne savait pas si l'ADN prélevé était bien celui de l'individu momifié.

Des chercheurs de l'Institut Max-Planck et de l'université de Tübingen en Allemagne ont réussi à dépasser ces difficultés et ont ainsi pu reconstituer le génome de trois individus. Leurs résultats sont publiés dans la revue Nature Communications.

L'étude permet aussi de renforcer la connaissance sur le brassage des populations dans la région du nord d'où provenaient ces individus - les momies analysées datant de 1 400 avant notre ère à l'an 400. Il ressort ainsi que leur génome est plus proche de celui des voisins européens et asiatiques de l'Egypte actuel, et qu'il est moins marqué par les caractères des populations d'Afrique subsaharienne, comme c'est le cas pour les Egyptiens modernes. Le brassage avec ces populations venues vraisemblablement de plusieurs pays africains serait plus récent, et daterait d'après la période romaine, soit, de 1500 ans, avancent les chercheurs.

Philippe Charlier, médecin légiste et archéo-anthropologue à l’université Versailles Saint-Quentin en Yvelines (UVSQ), comment cette étude à la La Une de la science.

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