Une nouvelle étude apporte des précisions sur les bactéries intestinales qui pourraient influencer notre bien-être mental.

Intestin et microbiote
Intestin et microbiote © Getty / SolStock

Le système nerveux entérique peut affecter la manière dont nous nous sentons et comment notre cerveau fonctionne... Notre capacité à penser de manière positive, à résister à la dépression, à l'anxiété peut être influencée par les messages que le ventre envoie à notre cerveau.

Extrait du documentaire "Le ventre, notre deuxième cerveau"

Une étude récente parue dans la revue Nature Microbiology suggère que certains types de bactéries intestinales pourraient avoir un impact sur la qualité de la vie et être liées à la dépression. Discussion avec Joël Doré directeur de recherche INRA et directeur scientifique de l'Unité MetaGenoPolis

Est-ce que cette étude est importante quand on parle du lien avec la dépression ? 

En effet, et elle a deux points d'originalité : le premier c'est le nombre de personnes concernées, soit une cohorte de 1 000 volontaires flamands (dans un premier temps), et ensuite une cohorte de 1 000 volontaires hollandais qui ont validé les résultats obtenus par la première. 

Le deuxième c'est l'utilisation de la métagénomique : le séquençage de l'ensemble des gènes d'un écosystème intestinal. 

A-t-on pu comparer les microbiotes des gens dépressifs et ceux des gens bien portants ? Pour quels résultats ? 

Dans les cohortes, une partie des patients avait été diagnostiqué comme souffrant d'une dépression. Ainsi on a pu identifier des signatures spécifiques microbiennes. 

Le travail fait notamment ressortir deux taxons bactériens particuliers qui sont également impliqués dans l'intestin, dans la production de certains métabolites qui peuvent être favorables, et dans la régulation de la production de métabolites actifs au niveau du cerveau. 

Certaines bactéries sont normalement présentes chez les individus en bonne santé, et on a observé qu'elles étaient absentes chez les personnes dépressives. 

A termes peut-on imaginer enrichir le microbiote avec les espèces qui lui font défaut ? 

Les collègues de l'étude parlent de psychobiotiques. Comme pour les probiotiques, on peut imaginer utiliser des organismes vivants qui exercent des effets bénéfiques soit sur l'inflammation, soit sur la concentration des neurotransmetteurs actifs au niveau du cerveau comme un moyen d'agir. Il est probable qu'il faille aller un petit peu aller au-delà de ça en agissant à travers d'autres composants de l'alimentation. 

On sait que l'alimentation va jouer. Elle n'a pas énormément été étudiée dans la maladie ou dans la neuropsychiatrie. Mais ceci dit, des travaux montrent que l'alimentation est un levier dans l'autisme par exemple. On sait que ça permet d'agir chez certains patients. 

Aller plus loin 

Lire ►► Pourquoi il faut doper son microbiote

Écouter "La Tête au Carré" ►► Microbiote intestinal : vers une nouvelle médecine ?

Écouter "Grand bien vous fasse" ►► L'intestin, notre deuxième cerveau

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.