10 jours avant son décès, le 14 mars, le célèbre astrophysicien a soumis un article dans lequel il revient sur son modèle de « multivers », les univers multiples

Stephen Hawking
Stephen Hawking © AFP / NIKLAS HALLE'N

La dernière publication de Stephen Hawking, coécrite avec le physicien belge Thomas Hertog et intitulée « A smooth exit from eternal inflation », est parue le 27 avril dans le Journal of High Energy Physics. Et elle est à la mesure de la fascination qu’exerçait cet homme, qui se disait «soucieux de posséder une théorie complète de l’univers ».

Pourtant, cet article semble bien plus commenté par les médias généralistes, voire par certains tabloïds britanniques, que par la communauté scientifique, qui l’a peu cité et peu discuté depuis sa mise en ligne, dès juillet 2017 sur le site de prépublications ArXiv.

« Il y a un décalage très étonnant entre la réception par le grand public et l’impact réel du travail scientifique. Il est tout à fait indéniable que Stephen Hawking a commis des travaux notables et même exceptionnels il y a une quarantaine d’année, mais là, on est plutôt dans l’anecdote, même si c’est un travail qui est tout à fait recevable », commente l’astrophysicien Aurélien Barrau.

Stephen Hawking y révise notamment quelques aspects de son modèle de multivers, cette multitude d’univers supposés jusque-là très hétérogènes, et créés après le Big-bang selon la théorie « d’inflation cosmique ». C’est l’un des modèles de multivers répertoriés aujourd’hui. 

Certains d'entre eux, à la légitimité « relativement élevée », valent qu’on s’y intéresse plaide Aurélien Barrau : « Il faut vraiment distinguer le dernier article de Stephen Hawking qui, pour raisonnable qu’il soit, est probablement un épiphénomène de l’idée générale des univers multiples qui elle est en revanche, peut-être une révolution au moins une avancée significative dans notre compréhension du cosmos. »

« Dans cette possibilité d’univers multiples, il y a quelque chose de vertigineux. C’est dans la continuité de ce très beau geste, qui est un peu celui de la science ,qui consiste à désanthropocentriser le monde, c’est à dire qu’on a d’abord pensé l’univers comme centré sur notre pays,  notre territoire, puis sur notre planète, sur notre système solaire galaxie univers, et peut-être aujourd’hui commence-t-on à spéculer sur un acentrisme absolu » poursuit le professeur à l’Université Grenoble-Alpes.

A ses yeux, il serait donc dommage de réfuter en bloc l’idée de multivers – et les modèles qui en découlent. Une idée qui crée parfois des crispations dans la communauté scientifique, parce que « trop audacieuse », ou « farfelue ». Et si tout reste à démontrer, elle invite « à réviser notre vision du cosmos et à interroger notre manière de pratiquer la science », selon Aurélien Barrau. 

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