Les experts du groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) ont rendu leurs conclusions sur les conséquences possibles d’un réchauffement de 1,5°C et les moyens à mettre en œuvre pour limiter l’impact du changement climatique.

Montée des eaux
Montée des eaux © Getty / Westend61

Lors de l'Accord sur le climat de décembre 2015, l'ancien ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius scellait des heures de négociations en rappelant la nécessité de "contenir l’augmentation de la température moyenne bien en-deçà de 2 degrés", et de "s’efforcer à limiter cette augmentation à 1.5 degrés ». La deuxième formule, jugée peu rassurante par les Etats les plus vulnérables, n’allait pas tarder à être discutée.

C’est dans ce contexte que le Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (GIEC) s’est vu commander, par l’ONU, un rapport Spécial sur « l’impact d’un réchauffement global de 1,5 °C au-dessus des niveaux pré-industriels et sur les trajectoires d’émission de gaz à effet de serre correspondantes ».

400 pages, 6000 publications scientifiques agrégées, un an et demi de travail rassemblant une centaine de chercheurs… Le rapport a finalement été adopté ce 8 octobre. 

A +1,5°C ou à +2°C, le monde ne sera pas le même, préviennent d’emblée les scientifiques. 

« Cette différence de 0.5 degrés représente 10 cm de hausse du niveau des mers. Au regard des populations qui vivent en milieu insulaire ou au bord des côtes, cela signifie que 10 millions de personnes seraient menacées. Un réchauffement de 2°C pourrait par ailleurs impacter au moins 50% des terres émergées, les écosystèmes naturels, avec des risques d'incendies plus élevés, des sécheresses accrues et une recrudescence des vagues de chaleur. Si on prend une ville comme Paris, il y aurait une persistance de ces vagues de chaleur, qui vont durer plus longtemps, et êtres plus intenses de l’ordre de deux ou trois degrés », souligne le climatologue Roland Séférian.

Le rapport dresse de multiples comparaisons, qu’il s’agisse de la biodiversité (6% des insectes perdraient leur habitat avec un réchauffement de 1.5°C contre 18% avec réchauffement de 2°C), de l'acidification de l'océan qui affecte de nombreuses espèces marines, de la fonte de la banquise… Pas de surprise, le scénario du réchauffement climatique d’1.5% de façon linéaire est celui qui présente le moins de risques pour les ressources en eau, la sécurité alimentaire, ou la santé.

Cela suppose « de réduire de moitié les émissions de  CO2, qui sont aujourd’hui autour de 40 millions de tonnes », poursuit Roland Séférian, en accord avec la tonalité optimiste du rapport. 

« La connaissance scientifique a progressé, notre budget carbone, soit ce qu’il nous reste à émettre pour limiter le réchauffement climatique, a été revu à la hausse par rapport à 2013. Par ailleurs,  c’est le premier rapport qui décloisonne les différentes compétences et permet à des chercheurs (économistes, claimatologues… etc.) de travailler en commun sur les impacts. On aborde le problème de manière transversale », argue-t-il. De quoi convaincre les acteurs économiques et les décideurs ?

Le climatologue veut y croire : « L’adaptation coutera plus cher que la mise en place de mesures d’atténuation, et on enfance le clou ici avec des scénarios à bas niveau d’émission, pour tracer le chemin qui nous reste à parcourir jusqu’à 2050 ». 

avec Roland Séférian, climatologue à Météo France et l’un des co-auteurs du chapitre 2 de ce rapport spécial du GIECA

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