Pourquoi est-ce que les plaques d'eczéma de contact reviennent toujours et au même endroit ? Une question qui concerne une personne sur quatre en Europe.

Eczema
Eczema © Getty / CRISTINA PEDRAZZINI/SCIENCE PHOTO LIBRARY

Des chercheurs de Lyon ont démontré sur la souris l'accumulation dans la peau de certains agents du système immunitaires… Des lymphocytes mémoire qui se maintiennent pendant plusieurs semaines voire des mois et réactivent l’apparition des plaques d’eczéma. L'étude a été publié dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology.

Avec Audrey Nozbaum, médecin chercheur pour l’Inserm à l’université Lyon 1 et aux Hospices Civiles de Lyon.

Qu’est-ce que l’eczéma de contact ?

Il y a différents types d’eczéma : les dermatites atopiques, qui est plutôt un eczéma constitutionnel. Et les eczémas de causes extrinsèques, qu’on va appeler eczémas de contact, qui sont causés par le contact répété de la peau avec différents produits chimiques de l’environnement. 

Notre travail s’est intéressé à l’eczéma allergique, qui est une réponse inflammatoire dans la peau suite à l’exposition à différents allergènes.

Ces derniers sont très nombreux dans notre environnement, avec en chef de file les métaux comme le nickel, les parfums, les conservateurs, les colorants…

Comment différencier une irritation due à un agent irritant et un eczéma causé par une allergie ? 

La différence ne peut pas se faire à l’œil. C’est tout le travail des allergologues qui utilisent des tests cutanés. Tests qui peuvent parfois être pris en défaut. Des outils performants moléculaires peuvent désormais nous aider pour faire la différence.

Tout est né de l’observation des patients au quotidien, qui une fois qu’ils sont allergiques à ces produits, vont développer - quand l’exposition continue – de l’eczéma toujours sur les mêmes plaques, et de façon de plus en plus forte, sévère. 

Pourquoi toujours au même endroit ? Pour y répondre, les chercheurs ont étudié la chronicité et la sévérité des réactions sur des souris. 

Les lymphocytes mémoires 

L’eczéma allergique de contact est dû à l’arrivée dans la peau, dès lors qu’elle est en contact avec un agent allergène, de cellules lymphocytaires qui vont provoquer la pathologie : ça va détruire les cellules de la peau, et entraîner rougeurs, démangeaisons et brûlures.

Les chercheurs ont découvert que ces cellules qui initiaient la pathologie pouvaient persister plusieurs jours (au-delà d’un mois) dans la couche supérieure de la peau (épiderme), qu’elles étaient douées de mémoire.

Des souris à l’homme

On a retrouvé ces mêmes cellules chez l’homme. Des cellules qui sont douées de mémoire, contre des allergènes particuliers. Travailler directement sur ces cellules ouvre le champ à de nouveaux traitements thérapeutiques. 

  • Soit en les éliminant : difficile car on prend le risque d’éliminer en même temps de « bonnes » cellules qui sont à côté.
  • Soit en modulant l’expression des récepteurs inhibiteurs à leur surface, par des approches d’immunothérapie. 
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.