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Il est l’heure de conclure ma série consacrée aux hymnes à la gloire des plus grandes sélections européennes de football en évoquant l’Angleterre, le pays où se jouera la finale de l’Euro, dans deux semaines. On imagine que les chansons ...

Il est l’heure de conclure ma série consacrée aux hymnes à la gloire des plus grandes sélections européennes de football en évoquant l’Angleterre, le pays où se jouera la finale de l’Euro, dans deux semaines.

On imagine que les chansons qui vantent les mérites de la sélection anglaise ne manquent pas… * Oui et j’ai dû donc me résoudre à opérer une sélection, en vous présentant, selon moi, les trois meilleurs morceaux jamais écrits pour célébrer les Trois Lions, l’équipe nationale anglaise. Le premier, World in Motion a été signé en 1990 par New Order, merveilleux groupe d’électro-pop. 

Dans ce titre, l’attaquant anglais John Barnes rappe avec brio. C’est un détail important car, avant 1990, outre-Manche, il y avait d’un côté des footballeurs, qu’on jugeait obtus et de l’autre les pop stars branchées, qu’on disait distantes. De nombreux musiciens anglais distingués, comme par exemple Johnny Marr, le guitariste des Smiths, cachaient leur passion pour le ballon rond, de peur de paraître ringard. World in Motion a permis de rapprocher deux univers qui se regardaient de loin. Ce dont ont profité les auteurs du deuxième hymne aux Trois Lions que vous souhaitiez nous faire écouter, non ? Exactement. Dans la lignée de New Order, The Lightning Seeds, une formation issue de la Brit Pop, a accouché en 1996 d’un single enthousiasmant pour encourager l’Angleterre. Ca s’appelait Three Lions.

Cette chanson est positivement géniale, ne serait-ce qu’en raison de l’autodérision qu’elle propose : au début on y entend  des commentaires de matches faisant référence à des défaite des Trois Lions. Le morceau balance ainsi entre l’évocation des fiascos qui ont émaillé l’histoire de cette sélection et l’espoir d’un triomphe à venir. Ajoutez-y un air enthousiasmant et vous obtenez un tube : Three Lions a terminé numéro 1 des charts, comme World In Motion d’ailleurs. Est-ce que le dernier titre que vous vouliez nous présenter a connu le même succès ? Non, mon troisième choix, Jerusalem, réalisé en 2000 par un groupe nommé Fat Les, avait terminé à la 10e place des charts, ce qui n’est pas ridicule. 

Ça ressemble plus un cantique qu’à une ode à une équipe… Oui, car les paroles sont en tirées d’un puissant texte d’inspiration religieuse, rédigé en 1904 par le poète William Blake, qui raconte la visite qu’aurait faite Jesus Christ, à Glastonbury, une commune du sud du Royaume-Uni, selon un récit apocryphe. Au fil des années, ce poème Jerusalem a été orchestré et il est devenu une sorte d’air patriotique anglais, qui, dans le clip de Fat Les, est repris avec ferveur par des supporters des Trois Lions. Qu’est-ce qui vous séduit dans ce morceau ? Et bien il illustre cette démarche syncrétique que j’ai toujours que j’ai toujour essayé de défendre. Il n’y a pas de sens selon à moi à opposer d’un côté des arts nobles, comme la poésie ou la chanson, à des passions qu’on définit parfois comme coupables, comme celle qu’on peut ressentir pour le sport. Toutes ces aspirations peuvent se réunir dans une même démarche culturelle.