Jeudi dernier, a débuté la saison 2021 de la MLB, la Ligue majeure de Baseball, qui se dispute aux Etats-Unis et au Canada. En France, on considère souvent, à tort, que les matches de baseball sont répétitifs et trop longs. Je vais donc essayer de démontrer le contraire, à l’aide de quatre chansons.

Le joueur américain de baseball, Joe DiMaggio en plein match avec les Tigres au Briggs Stadium de Detroit en 1946.
Le joueur américain de baseball, Joe DiMaggio en plein match avec les Tigres au Briggs Stadium de Detroit en 1946. © Getty / Bettmann

Quel est votre premier argument pour « vendre » le baseball?

Ce sport constitue un « élément central de la culture populaire américaine, dont l’essor au début du XXe siècle, fut inséparable de celui de l’industrie du spectacle et des médias de masse ». Je cite ici Peter Marquis, de l’Université de Rouen, un spécialiste de l’histoire des Etats-Unis. Le popularité du baseball outre-Atlantique est telle que même les Ramones, groupe new-yorkais protopunk, opposé à l’ordre établi, affichait sa passion pour cette discipline. Au point que, dans Beat on the Brat, un titre issu de leur premier album, paru en 1976, ils ont glissé une batte dans les paroles.

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Est-ce qu’on s’oriente vers une chronique protopunk ? 

Non, le prochain titre sera plus grand public. il s’agit de Mrs. Robinson, tube de 1968 signé Simon et Garfunkel, dont le dernier couplet évoque Joe DiMaggio, éphémère mari de Marilyn Monroe et star absolue des Yankees de New York, dont il a défendu les couleurs 1936 et 1951. Car la glorieuse histoire du baseball recèle de figures charismatiques, dont l’aura dépassait les stades, comme Babe Ruth, l’idole des années folles, qui a eu droit à un biopic au cinéma, ou donc Joe DiMaggio, immortalisé dans un titre immortel.

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Quel autre argument pourrait inciter nos auditeurs à se passionner pour le baseball ?

La fascinante portée politique de certains de ses champions. Tel Jackie Robinson,  fils de métayer et petit-fils d'esclave, devenu en 1947 le premier joueur noir en Ligue majeure de baseball. Malgré son caractère réservé, il a combattu la ségrégation qui régnait aux Etats-Unis, ne serait-ce qu’en parvenant à rassembler dans les mêmes stades des spectateurs noirs et blancs. Le jazzman Count Basie lui a rendu hommage en 1949 avec son titre You See Jackie Robinson Hit That Ball?.

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Si on résume, le baseball est un sport populaire, porté par des champions charismatiques, dont certains ont une dimension politique…

Oui et j’ajoute que cette discipline imprègne tellement le quotidien des Américains, que ceux-ci lui accolent souvent une dimension amoureuse, voire érotique. En témoignent les dialogues étonnants, évoquant le baseball, qui émaille la scène d’amour, très chaste, du film l’Arme Fatale 2, de Richard Donner, en 1989. Dans le même esprit, écoutez cette chanson de 1968, Love Is Like A Baseball Game, du groupe soul The Intruders, qui compare la tentative de séduction d’une jolie femme à un match perdu d’avance.

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Il y en a eu pour tous les goûts : du protopunk, du folk, du jazz et de la soul…

Ce qui m’a inspire cette conclusion : on peut mesurer l’impact sociologique d’un sport à la diversité des styles musicaux qui s’en inspirent.