Mardi soir, l’équipe de France accueillera la Croatie. Et forcément, comme à chaque fois que ces deux équipes s’affrontent, on pense à Lilian Thuram, qui avait marqué un doublé face aux Croates en demi-finale du Mondial 98. Ce qu'on sait moins, c'est que lui, et son fils Marcus, s'apparentent à des icônes hip hop.

L'attaquant français Lilian Thuram sur les épaules de  Bernard Lama pour célébrer avec Thierry Henry, et Emmanuel Petit la victoire de la France sur la Croatie en demi-finale de la Coupe du Monde de la FIFA 1998, à Saint-Denis, le 8 juillet en France
L'attaquant français Lilian Thuram sur les épaules de Bernard Lama pour célébrer avec Thierry Henry, et Emmanuel Petit la victoire de la France sur la Croatie en demi-finale de la Coupe du Monde de la FIFA 1998, à Saint-Denis, le 8 juillet en France © Getty / Jerôme Prévost / TempSport / Corbis / VCG

De nombreux rappeurs français admirent Lilian Thuram pour sa carrière de joueur, qui s’est achevée en 2008, mais aussi pour son engagement contre le racisme. Il a notamment publié un livre, « Mes étoiles noires», où il retrace le parcours de personnalités métis ou noires, comme l’écrivain martiniquais Frantz Fanon, qui mériteraient selon lui de faire partie de notre mémoire collective. Dès lors il ne faut pas s’étonner que Thuram, apparaisse en 2006, en introduction de « En Noir et Blanc », un clip du rappeur Seyfiu, qui justement appelle à plus de mixite sociale et culturelle dans la société française.

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Ces dernières années, Thuram a été vu dans d’autres clips de rap mais, en réalité, son apport le plus marquant à ce genre musical remonte à la Coupe du monde 98. Pendant cette compétition, le quotidien de l’équipe de France avait été retranscrit dans « Les Yeux dans les Bleus », un documentaire mémorable de Stéphane Meunier, au cours duquel on découvrait « Tutu », allongé sur son lit, en train d’écouter un morceau génial de… Suprême NTM, « That’s my people » :

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Un jour, Kool Shen, un des leaders de NTM, m’a confié qu’il avait bondi de joie en découvrant cette séquence. C’était en effet la première fois qu’un joueur de renom affichait son amour pour le hip hop. Auparavant quand les footballeurs français évoquaient leurs goûts musicaux, on s’orientait vers la variété. Par exemple, dans les années 1980 Michel Platini était un amateur distingué de l’œuvre de Michel Sardou. 

Désormais la majorité des footballeurs clament leur amour pour le rap, comme l’a illustré, un autre documentaire, « Petits frères des Bleus », d’Aurélien Delfosse, Ulysse Mathieu et Yvan Ratiarivelo, qui racontait les coulisses de la victoire, en 2016, de la France dans le Championnat d'Europe des moins de 19 ans. Au cœur de ce film, une demi-douzaine de Bleuets interprètent la main sur le cœur, les yeux fermés, un titre de Booba, « 92i Veyron » : 

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Cette séquence fait écho à celle des Yeux dans les Bleus, car parmi les jeunes footballeurs qu’on vient d’entendre figure Marcus Thuram, le fils de Lilian, un attaquant prometteur. Au début l’extrait, lui et ses potes définissent « 92i Veryon » comme leur hymne national, c’est dire à quel point ils se reconnaissent dans les idéaux véhiculés par Booba, et notamment la fragilité inhérente à toute forme de réussite. 

En tout cas, depuis 2016 Marcus Thuram n’a cessé de progresser et il brille aujourd’hui au Borussia Mönchengladbach. Ce qui lui a valu d’être célébré cet été dans un titre signé par un jeune rappeur belge, Maly Ski. Tout s’est donc passé comme si, en 1998, Lilian Thuram avait favorisé le rapprochement de deux univers, ceux du ballon rond et du hip hop, qui ne cessent depuis d’interagir entre eux, un phénomène désormais incarné par Marcus Thuram.