Le Tour de France arrive aujourd'hui et à cette occasion j'ai envie de clamer un nom, celui d’une artiste qui était capable de faire chavirer n’importe quelle audience : celui d'Yvette Horner. La "Princesse Arcodéon" avait accompagné la Grande Boucle à onze reprises entre 1952 et 1964.

L'accordéoniste Yvette Horner en train de jouer de l'accordéon depuis une voiture pendant le Tour de France en juillet 1958.
L'accordéoniste Yvette Horner en train de jouer de l'accordéon depuis une voiture pendant le Tour de France en juillet 1958. © Getty / Keystone-France / Gamma-Keystone
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Le morceau que l’on vient d’entendre s’appelle « Princesse Accordéon », c’est un épithète parfait pour désigner Yvette Horner, qui de l’après-guerre jusqu’à son décès en 2018, à l’âge de 95 ans, a été la vivifiante ambassadrice du piano à bretelles et des bals musette. On parle quand même d’une artiste qui a réalisé plus de cent cinquante disques, qui se sont vendus en tout à trente millions d'exemplaires.

Alors venons-en au Tour de France.

Et bien entre 1952 et 1964, Yvette Horner a participé, à onze reprises, à la Caravane publicitaire qui précède les coureurs pendant les étapes du Tour. Alors il faut l’imaginer, coiffée d’un sombrero, tenant un accordéon de 15 kg et harnachée sur une chaise fixée sur le toit d’une traction, en train de jouer toute la journée pour égayer les spectateurs massés le long de la course. Et le soir, dans la ville où l’étape arrivait, on déposait Yvette sur une scène et elle remettait ça, parfois jusqu’à deux heures du matin.

Elle devait être épuisée Yvette…

Complètement, mais cette disponibilité pour le public explique pourquoi elle s’est si facilement fondue dans le décor du Tour de France comme le prouve l’archive que l’on va écouter. Il s’agit d’un extrait de la retransmission télévisée de l’arrivée à Aoste de la 18e étape du Tour 1959, qui est commentée par un journaliste de la RTF basé à Paris, car la liaison avec les envoyés spéciaux a été coupée.

Ce qui est intéressant dans ce qu’on vient d’entendre, c’est l’expression « l’égérie du Tour de France ». Devenue proche de champions comme Jacques Anquetil ou Loison Bobet, Yvette Horner incarnait littéralement le Tour, tout au moins sa dimension populaire, puisqu’elle offrait un spectacle gratuit et engageant. Elle a donc servi l’image de la Grande Boucle, qui en retour, lui a beaucoup offert, parce qu’Yvette Horner a souvent répété que sa grande popularité s’était forgée lors de ces périples estivaux.

Pourquoi alors a-t-elle arrêté de participer à la Caravane après 1964 ?

Elle n’avait tout simplement plus la force de continuer. Mais avant de quitter la course, elle lui a offert une chanson à sa gloire intitulée « Mon tour de France ».

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Ce qui est frappant quand on écoute ce morceau, c’est la nostalgie qui en découle. La nostalgie qui, on l’a déjà dit, est la clé de compréhension de la fascination qu’exerce le Tour de France. 

Or au petit jeu du « c’était mieux avant », beaucoup d’amateurs de cette épreuve considèrent que son âge d’or remonte justement au début des années 1960, quand, la foule passionnée, sur les bords de la route, se divisait entre les amoureux d’Anquetil et les pro-Poulidor. J’aime à penser les débats enflammés entre ces deux camps s’interrompaient quand, en amont du peloton, résonnaient au loin les airs enjoués interprétés par la Princesse Accordéon.