Vendredi prochain, nous allons célébrer le 65e anniversaire de la mort d’Arthur Honegger. Ce compositeur classique suisse a été le grand ordonnateur du rapprochement entre le rugby et la musique classique, deux univers que a priori tout oppose.

Le compositeur Arthur Honegger en 1955.
Le compositeur Arthur Honegger en 1955. © Getty / Pierre Vauthey / Sygma

En 1928, Arthur Honegger a créé un mouvement symphonique nommé… Rugby. Avec cette œuvre, le Suisse a voulu témoigner de son amour profond pour ce sport, car il se rendait souvent au stade Yves du Manoir de Colombes pour assister aux rencontres du XV de France. Au moment de la sortie de Rugby, il confiait : 

Je cherche tout simplement à exprimer, dans ma langue de musicien, les attaques et les ripostes du jeu, le rythme et la couleur d’un match au stade de Colombes ». 

Dans Rugby, les nombreuses ruptures mélodiques illustrent ainsi les courses irrégulières des joueurs pendant un match. 

Est-ce qu'aujourd’hui, le rugby et la musique classique continuent de dialoguer ensemble ?

Oui, et de manière très originale. Par exemple, en 2018, pour générer des revenus, le Sporting Union Agen Lot-et-Garonne avait organisé avec l’orchestre Ostinato un concert philharmonique.  Celui-ci avait été suivi d’un grand repas ouvert aux sociétaires du club, où à chaque table, siégeaient un rugbyman et un musicien. 

Toujours en 2018, s’est tenu à Clermont, un spectacle pour enfants nommé A vos marques. Sous la direction de deux Britanniques Alasdair Malloy et Geoffrey Styles, l’orchestre d’Auvergne y utilisait les codes du rugby pour susciter la curiosité de futurs mélomanes. 

Donc, la musique classique peut séduire de jeunes amateurs de rugby. Mais est-ce qu’elle plaît aussi aux joueurs professionnels ?

Énormément ! Ils sont nombreux à l’écouter pour se détendre avant un match. C’était le cas du deuxième-ligne de l’équipe de France Olivier Merle ou du troisième ligne écossais Simon Taylor, ainsi que, plus récemment, de Fulgence Ouedraogo, le capitaine de Montpellier. 

Mais le plus grand amateur de musique classique dans le monde du rugby est sans doute l’ex-arbitre international australien Wayne Erickson. Il est connu pour avoir développé une passion obsessionnelle pour Wolfgang Amadeus Mozart. D’ailleurs, en 1996, avant la finale du Super 12, une compétition qui oppose des franchises de l’hémisphère Sud, les organisateurs, pour mettre cet arbitre dans les meilleures dispositions, avaient diffusé, dans la sono de l’Eden Park d’Auckland, la symphonie N°41 de Mozart. 

Est-ce qu’il existe d’autres œuvres du répertoire classique qui sont parfois proposées avant des matches de rugby ?

Oui, on peut citer l’énergique ouverture de Carmina Burana, une cantate composée par l’Allemand Carl Orff en 1935, qui a résonné récemment à Cardiff ou à Bordeaux, afin de faire monter l’ambiance dans les tribunes avant le coup d’envoi. Avec un certain succès d’ailleurs. Preuve que ce mariage inattendu entre le rugby et la musique classique, qui dure depuis près de 100 ans, a encore de beaux jours devant lui.

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