Je vais vous parler de Neil Hannon, le leader du groupe The Divine Comedy. Ce chanteur nord-irlandais, spécialisé dans la pop élégante, fête cette année ses 20 ans de carrière. Pour l’occasion il devait donner cette semaine des concerts à la Philharmonie de Paris qui ont été annulés, Covid oblige.

Neil Hannon, auteur, compositeur, interprète, multi-instrumentiste,  fondateur et membre principal du groupe de pop rock The Divine Comedy en concert à l'Admiralspalast le 23 octobre 2019 à Berlin, Allemagne.
Neil Hannon, auteur, compositeur, interprète, multi-instrumentiste, fondateur et membre principal du groupe de pop rock The Divine Comedy en concert à l'Admiralspalast le 23 octobre 2019 à Berlin, Allemagne. © Getty / Frank Hoensch / Redferns

Que vient faire Neil Hannon dans cette chronique ?

Neil Hannon mérite sa place ici car, en 2009 et en 2012, avec l’Irlandais Thomas Walsh, il a publié deux albums entièrement dédiés au cricket. Vous savez cette discipline étrange qui ressemble au base-ball, mais en plus stratégique, et qui a connu son essor au XVIIIe siècle et qui reste très populaire aujourd’hui dans les nations de l’ex-empire britannique. C’est d’ailleurs le sport british par excellence, avec ses traditions immuables et ses règles incompréhensibles pour les non-initiés.

Bien, mais on a du mal à voir ce qu’il y a de musical dans tout ça… 

Mais c’est justement ce côté ésotérique qui a inspiré Hannon et Walsh. Ces deux amoureux fous du cricket souhaitaient faire mieux connaître les spécificités de ce sport. Ainsi, le groupe qu’ils avaient créé pour l’occasion s’appelait The Duckworth Lewis Method, il s’agit d’une référence à une méthode de calcul mathématique, destinée à déterminer le score à atteindre par une équipe, lorsqu’une partie a été interrompue.

Dans le même esprit, l’extrait du morceau qui va suivre, Jiggery Pokery, raconte comment lors d’un match entre l’Angleterre et l’Australie en 1993, un batteur anglais avait été éliminé en raison d’un improbable faux rebond.

Mais il ne faudrait pas croire que The Duckworth Lewis Method se contente de décrire en musique les plus grands matches de l’histoire du cricket. Il y a aussi beaucoup d’humour dans les deux disques du groupe.

Quel genre d’humour ?

Et bien par un exemple, la pochette de second album rend hommage à Michael Angelow, un jeune Anglais qui, en 1975, en plein milieu d’un rencontre international de cricket, avait couru nu à travers le terrain, simplement parce qu’il faisait chaud, et qu’il s’ennuyait… Hannon et Walsh ont aussi composé des chansons sur la manière dont la pluie perturbe les matches, sur les arbitres de cricket ou encore sur les grands champions de ce sport, tel le batteur pakistanais Shahid Afridi, dit « Boom Boom ». 

Mais est-ce qu’on peut apprécier les morceaux de ce groupe, sans rien connaître au cricket ?

Et bien figurez-vous que j’avais posé cette question à Neil Hannon en 2009 et il m’avait répondu je cite : 

Oui, parce qu’on peut aimer la musique des Libertines sans consommer de drogue dure ». 

Excellente réponse.

Une référence, évidemment, au fait que le groupe de rock anglais les Libertines évoquait son penchant pour les stupéfiants dans ses textes. Bref, je vous confirme que, même si, comme moi, vous ne comprenez strictement rien au cricket, vous pourrez être sensible aux chansons charmantes de The Duckworth Lewis Method. 

Je conseille d’ailleurs leur écoute à tous ceux qui avaient pris des billets pour voir Neil Hannon cette semaine : ça les aidera à patienter jusqu’à septembre 2021, date à laquelle ses concerts à la Philharmonie sont reprogrammés.

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