Je ne veux pas me vanter mais j’ai découvert comment rester jeune...

Affiche de Flashdance et des Sept mercenaires
Affiche de Flashdance et des Sept mercenaires © Adrian Lyne /Antoine Fuqua

Comment oublier le temps assassin, rester dans le coup, ne pas fléchir, même si hier encore je demandais des antalgiques à mon médecin traitant, parce que c’est fou comme j’ai mal aux reins en ce moment, ah les changements de saison, hein, bon. Cela faisait des années pourtant que je l’avais sous le nez, il m’arrivait même de le critiquer, ce remède miracle : le remake. Pourtant tout était indiqué sur la notice finalement…

REMAKE : donc, en français : REFAIRE, partir du vieux pour faire du neuf, du plus jeune, du plus actuel, du plus rock, du plus rapide. Ce mercredi, en salles, est sorti Les Sept Mercenaires d’Antoine Fuqua, quia, si on veut bien le voir, un vrai pouvoir rajeunissant. Donc prenez un classique, un film de votre enfance ou de l’enfance de vos parents, enfin prenez un bibelot d’époque que vous aimez parce qu’il a VIEILLI avec vous, que ah la la c’est toute une époque, et attendez qu’un cinéaste s’en fiche de toucher à ce truc intouchable et en propose sa version d'aujourd’hui. Attention : de votre réaction va dépendre votre nouvel âge. Le type change les visages de votre passé ? Si vous vous apercevez que Denzel Washington vous fait le même effet que Yul Brunner, vous êtes déjà sur la bonne voie. Si vous trouvez Christopher Pratt aussi sexy-désabusé que Steve McQueen, c’est encore mieux. Les cadavres qui s’empilent dix fois plus vite que dans la version de 1961 ne vous choquent pas à ce point puisque, franchement, c’est de la petite bière à côté du dernier jeu vidéo que vous avez offert à votre fils ? Alors là, bravo, c’est gagné. D’ailleurs, vous allez lui demander de jouer la prochaine fois. C’est bon gamin, sois pas relou, j’ai kiffé au remake façon Tarantino des Sept Mercenaires, alors, me cherche pas ok ? Voilà : un remake vient de vous … remasteriser : vous êtes une copie neuve de vous-même, en haute définition, plus évoluée, et pourquoi pas ambidextre.

En plus, ce qui est bien avec les films, ces médicaments anti-oxydation, c’est qu’ils sont également disponibles gratuitement à la télé : dimanche, en prime time sur HD1, est diffusé Flashdance. Ne ricanez pas messieurs. J’aurais pu dire Rocky. Un film très féminin ou très masculin, du moment qu’il mouille la chemise. Là, la cure de jouvence est différente, mais tout aussi efficace. Jusque là, je continuais à défendre ce film sous prétexte de nostalgie, de jeunesse enfuie. Des arguments de … vieille. Mais la dernière fois que j’ai revu Flashdance avec ma fille de 18 ans, elle n’a pas été la seule à prononcer la phrase fatidique : cela me donne une irrésistible envie de m’inscrire à un cours de danse. Je l’ai même prononcée la première. Oublié les antalgiques, le mal de reins, le ridicule de la quadra qui s’imagine en juste au corps. Et contrairement à ma fille qui est jeune, et donc n’a aucune énergie, moi, dès le lendemain je me suis inscrite. … A la boxe. Oui, messieurs, je suis comme vous, je préfère Rocky. Et pas une minute le type du club n’a pensé à me demander mon âge quand je me suis inscrite dans le cours des débutants.

L'équipe

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.