François Morel
François Morel © Franck Lopez

La vie est un Je, certes, mais elle a besoin des autres pour se conjuguer. On a beau se le répéter, semaine après semaine, pas de doute, on est rarement le produit de soi seul. L’Homme du jour est le fruit de l’ennui, de la timidité, de la rage précoce aussi, de faire rire et de dire, mais pas seulement de dire pour faire rire, oh non, Monsieur est un orfèvre. D’ailleurs, ne lui dites surtout pas que c’est un comique, il a horreur de ça ! Fantaisiste, plutôt. Honnête homme aussi, mais n’allons pas risquer de froisser sa modestie. Un fantaisiste donc, initié par Brassens, Marcel Aymé, Fernand Raynaud, Pierre Desproges ou Jules Renard, ses professeurs de liberté… Avec un papa cheminot, il aurait pu passer sa vie à regarder le train passer, mais c’est sans traîner qu’il l’a pris, le train, direction Paris, la scène et ses tribulations sans perdre de vue son trou normand. Un sésame même, le terroir et ses accents, dans la troupe des paumés magnifiques de Jérôme Deschamps et Macha Makaïev. La suite, on la connaît : le succès des Deschiens, une carrière en solo, des pièces, des films, des récitals, et ces chroniques sur France Inter où ce faux naïf pense avec sa plume, et nous parle de tout et de rien, du sourire d’Anne Sinclair, du kiki d’Eric Besson, du Point G, de Dieu ou de la mouette rieuse, sans jamais trahir son maître Vialatte : « l’homme, disait-il, n’est que poussière, d’où l’importance du plumeau »… Daphné Roulier.

Les invités
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.