Daphné Roulier est heureuse de recevoir Emmanuel Carrère dont le roman Le royaume vient de paraître aux éditions P.O.L.

Emmanuel Carrère
Emmanuel Carrère © People Avenue/Corbis

La vie est un JE, oui, mais elle a besoin des autres pour se conjuguer. Y compris à la première personne du singulier. Surtout quand le « JE » se fait témoin : narrateur de sa propre vie, spectateur de celle des autres. Il a fallu du temps à notre invité pour se sentir à l’aise dans ce JE là. Le conquérir. L’Assumer. Lui raboter l’ego aussi. Et parvenir à imbriquer dans un même élan, un même récit, l’intime et le collectif, ses petits tas de secrets et le mouvement de l’Histoire. Et c’est ce va-et-vient entre lui et les autres qui rend son entreprise si passionnante. Si « je » est un autre, ça n’a jamais été aussi vrai qu’avec lui. Et s’il est hors-norme, hors Goncourt serais-je tenté de dire, l’avènement de son « Royaume » a bien eu lieu. Son dernier ouvrage se vend comme des petits pains, sans prophète pour les multiplier. Daphné Roulier.

« La névrose protège du malheur ordinaire, même si la souffrance psychique n’a rien de fictif et est loin d’être un luxe de nanti. Elle est une vraie souffrance, mais une vraie sécurité aussi, qui vous enferme dans une bulle. Si on s’en libère peu ou prou, on se retrouve plus exposé à ce qui peut vous atteindre du dehors. Mais être plus exposé, c’est aussi être plus vivant » Emmanuel Carrère.

Le Royaume raconte l’histoire des débuts de la chrétienté, vers la fin du Ier siècle après Jésus Christ. Il raconte comment deux hommes, essentiellement, Paul et Luc, ont transformé une petite secte juive refermée autour de son prédicateur crucifié sous l’empereur Tibère et qu’elle affirmait être le messie, en une religion qui en trois siècles a miné l’Empire romain puis conquis le monde et concerne aujourd’hui encore le quart de l’humanité.

Cette histoire, portée par Emmanuel Carrère, devient une fresque où se recrée le monde méditerranéen d’alors, agité de soubresauts...

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