Philippe Djian
Philippe Djian © Catherine Helie /Gallimard

Le voilà, face à moi, l’homme en noir édité dans la Blanche, le plus américain de nos écrivains français, la plume rock des années 80 … De lui, on a tout dit, et surtout un paquet d’âneries… Qu’il était rebelle, sauvage, mal embouché, tout ça parce qu’à 20 ans, plutôt que de faire de la retape dans les salons parisiens, cet original préférait retaper des bergeries et s’attaquer à l’écriture - au démonte-pneu. 30 ans après, le malentendu persiste : pas une émission, une interview sans qu’on lui accole l’étiquette « d’écrivain rock ». Le baby-boomer ne tique même plus… Il laisse dire, poliment. L’essentiel est ailleurs, dans la langue. Cette langue qu’il triture, malaxe, dynamite, malmène, affûte, abrase, cette langue - bleu comme l’enfer - qui trace, claque, gicle - vivante, vibrante, cette langue qui précède l’histoire, c’est là sa seule dissidence… L’écriture n’est pour lui qu’affaire d’acoustique. Tout le reste, c’est de la littérature …Daphné Roulier.

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