Le Monoï (orthographié en Français), ouMono’i (mot tahitien) qui signifie huile sacrée.

De fabrication traditionnelle, il date de l’habitation de la Polynésie par les migrations d’Amérique latine et d’Asie ; il y a environ 2000 ans.

Il est fabriqué et utilisé dans toute la Polynésie, française, et plus largement dans le grand triangle polynésien, aussi bien à Hawaï, qu’en Nouvelle-Zélande et sur l’Île de Pâques.

Selon les archipels les plantes qui le composent diffèrent et signent sa spécificité. Il ne porte pas le même nom partout.

Comme le saint-chrême ou l’onguent ailleurs, il a d’abord été réservé aux dieux (dont Râ comme en Égypte), puis aux rois et reines, pour enfin devenir populaire.

Sacré, cérémoniel, élitiste, dans la tradition, la culture Ma’ohi (le peuple polynésien au sens large) dont il est issu, il est considéré comme cosmétique depuis seulement 1 siècle.

C’est l’une des plantes les plus importantes du ra’au , la pharmacopée traditionnelle de Tahiti et ses îles. Elle soigne les maux de tête, certains eczémas, les piqûres d’insectes, etc. ; les maux réels et de l’esprit (fantômes, etc.).

Utilisée pour la « momification » (embaumement), les rites de passage à l’âge adulte, les massages, etc.

Même si l’image de la Polynésie est paradisiaque, son climat est rude : vents, soleil, sel agressent l’enveloppe corporelle en permanence.

La fleur de Tiaré possède des actifs hydratants et régénérants, mais aussi comparables à ceux de l’aspirine.

Son parfum unique et très apprécié (extrêmement "agréable") permet une double utilisation :

  • hydratation de la peau de façon prolongée dans le temps (12 à 24h), sans besoin d’en appliquer une quantité importante ; réparation et (re)gainage des cheveux

  • pour sa fragrance

Il ne s’agit pas d’une huile de coco parfumée à la fleur de Tiaré, mais bien d’un procédé de macération qui confère à la base huileuse les principes actifs de la fleur.

Ce n’est pas à la base un produit d’été, ni un produit solaire (même s’il en existe maintenant avec des filtres, il ne protège pas des rayons).

Anecdote: Aux marquises, il est dit aux 1000 plantes, la femme le fait porter à son conjoint...et comme toutes les fabrications artisanales familiales sont différentes, s’il « fricote » avec une autre …

Un décret d’Appellation d’Origine de 1992 définit très précisément le mode de fabrication du Monoï de Tahiti® . Il est obtenu par la macération de fleurs de Tiaré dans l’huile de Coprah (chair de noix de coco râpée, voire séchée) raffinée, extraite de noix de coco récoltées dans l’aire géographique de Polynésie française au stade de noix mûres, sur des sols d’origine corallienne. Ces noix doivent provenir du cocotier “Cocos Nucifera” et les fleurs de Tiaré de l’espèce végétale “Gardenia taitensis” (Flore de Candolle) d’origine polynésienne récoltées au stade de bouton…”.

Il existe 200 variétés de Gardenia dans le monde.

Gardenia taitensis est endémique de la Polynésie française (en Polynésie, 60% des plantes sont endémiques). Elle est son emblème.

Petit buisson d’1m à 1m50 (à 20 ans), il donne des fleurs (de 6 à 9 pétales) dès la 1ère année.

Variété ayant migré d’Asie ; elle ne produit pas de graines et ne peut donc se reproduire sans l’intervention de l’Homme.

Très blanche, à l’image de l’édelweiss, elle s’oxyde dès qu’elle est cueillie.

Des échanges importants à partir de l’époque du Front Populaire, avec le développement des vacances, puis avec l’ouverture de la piste d’aviation (1960-70), ont permis sa diffusion en France métropolitaine.

Le Monoï de Tahiti® se reconnaît grâce au timbre de l’Appellation d’Origine qui est apposé sur les produits concernés.

Quant L’Institut du Monoï (ou groupement interprofessionnel du monoï de Tahiti –G.I.M.T.) , il existe depuis juillet 1992.

Son rôle :

  • développer la connaissance du monoï, aussi bien dans l’artisanat que dans l’industrie cosmétique

  • promouvoir et protéger l’Appellation d’Origine (A.O.)

  • faire respecter le cahier des charges de l’A.O., et "organiser" actions et répression le cas échéant.

« La route du Monoï » est la première route touristique polynésienne française.

La culture polynésienne est une culture de l’accueil, d’ouverture aux voyageurs.

L’idée est donc venue d’emmener les touristes (qui sont aussi locaux) à la rencontre de la population, de son quotidien ; d’échanger, d’offrir aux touristes un « livre ouvert » sur la culture tahitienne.

Cette route allie (sur Tahiti, car 5 des producteurs de l’A.O. y sont basés) visite chez des particuliers et chez des industriels.

Les touristes modulent leur circuit en fonction du temps qu’ils ont, sur simple RDV ou confirmation par courriel, voire en passant par un guide touristique ; la plupart des visites sont gratuites ; aucun des particuliers qui reçoit des visiteurs n’est contraint de quoi que ce soit.

Il existe 22 arrêts différents, et un site internet pour que ceux qui ne pourront jamais s’y rendre (car la destination est lointaine et onéreuse).

Un exemple de circuit :

Chez un producteur traditionnel de noix de coco qui la râpe devant vous

Puis chez un producteur industriel qui le fait de façon moderne et le vend à des marques

Pour terminer dans un SPA et profiter d’un soin.

Les liens

Le site de l'Institut du Monoï

Le site officiel de La Route du Monoï®

Les invités
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.